Samurai Shodown VI
Festival Shodown
Genre : Combat / Année de sortie : 2005
Publié il y a 14 heures
Ce Samurai Shodown est de loin l’opus le plus ambitieux, le plus énorme en contenu, ce qui en fait en quelque sorte l’épisode ultime de la saga. On peut jouer tous les personnages de la série sans oublier des nouveaux, sérieux, on peut même jouer le singe de Cham Cham ou la mascotte insupportable de l’archère, c’est dire ! On y retrouve aussi tous les anciens styles de combat réunis en un seul et même jeu… Sans aucun doute, on célèbre ici toute la saga, et je veux être aussi de la fête !
Sommaire de la série Samurai shodown
Samurai Shodown VI (8/10)
Bon ok, c’est assumé, on se fait même plus chier avec un scénario désormais
Ce thème de la fête, de la célébration de la série, est même au cœur du jeu, car c’est là le synopsis de cet épisode. Un énorme festival a lieu, organisé par Yoshitora (le gars avec la coupe de cheveux bizarre et les 5 sabres là), avec forcément un grand tournoi d’organisé, où le gagnant verra son vœu le plus cher exaucé. On est donc dans un épisode pas vraiment canon dans l’histoire de la saga. Après canon ou pas canon, il n’y a jamais vraiment eu d’histoire à suivre, ça a toujours été un immense foutoir à ce niveau-là, on suit plutôt des personnages qu’une trame globale. Bref on s’en fout, tout le monde est de la partie, même les gros méchants déjà morts 2 ou 3 fois, et au fond, tant qu’on retrouve nos persos favoris, ça me va.
Car je m’y attache à tout ce petit monde à force de parcourir la série. Charlotte, Hanzo, Tam Tam, Ukyo (toujours debout malgré sa tuberculose stade 45), c’est des personnages attachants, qu’on se plaît à retrouver à chaque opus, surtout dans celui-ci qui gratifie chaque personnage de cinématiques de fin toujours aussi sympas, parfois franchement drôles ou encore assez originales, comme tous les boss et versions evil des personnages qui ont des fins vraiment chaotiques. C’est en tout et pour tout pas moins de 48 personnages jouables, c’est tout simplement colossal. Et il y a peu de persos clones, j’en vois que deux comme ça (Nakoruru violette et Kim Ung Che), mais tout le reste profite d’un gameplay unique, de ses propres dialogues avec d’autres personnages et de ses cinématiques. Ça fait un sacré paquet de contenu, un peu dans le même genre que les Tekken Tag Tournament, qui filaient déjà le tournis devant tout le taf des développeurs en voulant faire revenir tout le monde.
Même chose du côté des stages jouables, la plupart sont nouveaux, et franchement très jolis, souvent centrés sur le thème de la fête, comme cette ville célébrant ce qui semble être Halloween. D’autres stages sont étonnants, comme celui se passant à côté d’une petite maison dans la neige avec une vraiment très chouette musique chantée en japonais par une femme, ça change du thème à la con d’un niveau du 5 à base de DA, DA DA DA, DA DA ! On profite même d’une sorte de simili 3D dans les décors des stages, c’est bien, en 2005, on avance enfin techniquement les gars !
Par contre, toujours une déception du côté des sprites des personnages, car tous les anciens repris du 5 ont toujours exactement la même apparence. Ça commence à devenir vraiment redondant quand tu sais que certains personnages ont exactement les mêmes assets graphiques depuis le troisième opus. C’est pas grand chose, mais ça aide grandement à donner l’impression de jouer à un nouveau jeu, surtout après tant d’années qui le séparent des anciens épisodes. En revanche, on peut se consoler avec le retour d’anciens comme Genan et Earthquake, qui profitent pour le coup d’un ravalement de façade car disparus depuis le second opus. Au même titre que Wan Fu, Sieger, Cham Cham et Nicotine (bon lui tout le monde s’en branle), c’est vraiment cool de retrouver certains de ces personnages vraiment fun à jouer. Surtout Wan Fu quoi, ah ça m’avait manqué de pouvoir jeter mon arme comme un taré à travers l’arène en provoquant d’énormes explosions !
Pour en finir avec l’aspect artistique, il est sympa de retrouver un esprit plus proche des jeux originaux. En effet, la série était devenue un brin plus sombre et violent, surtout avec le troisième opus et ses gerbes de sang, ou même les étonnantes fatality du 4. Ici, tout ce côté violent part à la poubelle, fini le sang et les mises à mort sanglantes, on revient à quelque chose de plus cartoonesque, jeu de baston classique quoi. Je suis partagé, j’aime bien ce retour aux origines de la saga, mais je trouvais aussi que la violence avec le sang qui giclait dans un jeu de baston à l’arme blanche était plus cohérente, et apportait un peu d’âme et d’originalité à la série justement. Dommage qu’on n’ait pas une option pour pouvoir réactiver certains effets.
Une question d’état d’esprit
En termes de modes de jeu pour profiter de tout ce beau monde, on est là aussi face à probablement le jeu le plus généreux en contenu. On a déjà le mode arcade, qui avec 48 personnages a largement de quoi occuper si vous voulez tous les faire. Ce mode arcade et la difficulté de l’IA sont assez gérables, contrairement aux premiers opus atroces de la saga. Même dans la difficulté la plus simple, si les derniers combats deviennent un peu tendus, ça passe plutôt bien. On a quand même de beaux loupés, comme l’IA d’Enja qui peut spammer en boucle son attaque la plus difficile du jeu à exécuter (il faut faire une manip de touches absurde, le genre de truc qu’un humain place une fois dans sa vie) pour en faire un combat infâme, mais dans sa globalité, ça va. On a connu bien pire dans la saga, comme les boss qui lisent nos inputs pour sortir des contres qui enlèvent la moitié de la barre de vie, on revient de loin donc. Le jeu a de toute façon la bonne idée de proposer un mode théâtre, où tu peux voir toutes les cinématiques sans même avoir à les débloquer, et ça s’est très bien pensé.
On a d’autres petits modes à côté, comme celui permettant de personnaliser la couleur des personnages, ou encore le mode survie, qui est franchement sympa. Il faudra s’enfiler une série de combats quasi infinie, sans récup de vie entre, mais il y a un twist. On peut choisir entre trois challenges proposés à chaque début de combat, et les réussir nous donne une régénération de PV plus ou moins grande selon la difficulté du challenge. Il faudra réussir une attaque ultime, des chopes, des esquives, etc… C’est franchement un bon petit mode, et même s’il est humainement impossible d’atteindre le boss ultime au bout du 50ème combat, avec des savestates je me suis amusé à aller jusqu’au bout, un chouette ajout.
Sinon il y a le mode d’édition des Spirits, mais pour en parler, je vais forcément devoir aborder le gameplay de cet opus. Quand je vous disais que ce Samurai Shodown est une célébration de la série, ce n’était pas uniquement lié au fait de retrouver tous les personnages, mais aussi tous les gameplays de la saga. Et oui, avec le système de Spirit, on peut choisir entre les différents gameplays de tous les jeux principaux de la série. Vous êtes nostalgiques des combos de SamSho 4, prenez le Spirit 4 et retrouvez quasiment tel quel le gameplay du quatrième opus. Un régal avec Iroha, la nouvelle, qui se joue déjà pas mal dans l’esprit d’un SF, alors avec le Spirit 4 je te raconte pas. Envie de retrouver le système de rage avec la petite animation lorsque la barre est pleine et la destruction d’arme du 2 ? Spirit 2, et tu retrouves même l’easter egg des transformations rigolotes en petit bonhomme. On a une base commune à tous les gameplays, comme la jauge de puissance qui se recharge ou certains moves spéciaux comme les contres, mais chaque Spirit a ensuite ses particularités et répond à un style de jeu bien précis.
C’est tout simplement incroyable comme mécanique. C’est déjà une très belle lettre d’amour à la saga, et en plus, ça apporte une quantité colossale de variantes de jeu pour chaque personnage. Surtout que selon notre style de jeu et les mouvements du perso qu’on utilise, il y a toute une réflexion à avoir sur quel Spirit choisir. C’est brillant, et ça apporte une richesse de jeu énorme à cet opus. Et paradoxalement, ça simplifie aussi le gameplay. On n’est plus comme dans le 4 avec une pléthore de mécaniques différentes empilées n’importe comment. Chaque Spirit apporte un panel de techniques parfois propres à lui ou partagées avec d’autres, mais on doit avoir 3 ou 4 gimmicks par Spirit, pas plus. Résultat, le jeu est simple à jouer, on n’est pas noyé sous une quantité absurde de possibilités et de manips complexes, ça va rarement plus loin qu’un quart de cercle et une double pression de touche. Un régal à jouer donc, grâce à une simplification des inputs qui apporte un très grand confort de jeu.
Allez, faut pourtant pas croire que ce nouveau SamSho n’est que du recyclage. Non, il y a aussi le Spirit 6, qui correspond tout simplement à la nouvelle proposition de cet opus. On n’y retrouve rien de bien révolutionnaire, avec des esquives rappelant furieusement SamSho 2, et une hyper garde qui consomme de la rage pour nous accorder une mini invincibilité. La vraie nouveauté, c’est cette petite barre verte qui recouvre les 15 derniers pourcents de notre barre de vie, mais qui peut grimper via des parades réussies. Se retrouver en dessous de cette barre octroie une nouvelle super attaque, un peu dans le même genre que celle de la rage, utilisable à l’infini (il faut juste attendre quelques secondes entre chaque). Une chouette nouvelle mécanique, qui ne révolutionne néanmoins pas le gameplay. Mais c’est sympa, surtout que les développeurs auraient très bien pu se contenter de nous proposer uniquement les anciens gameplays, donc on apprécie.
On a même d’autres Spirits exclusifs à la version console, comme le Spirit 0, qui n’a que la grosse attaque de destruction d’arme quand la rage est pleine plus une roulade, mais en contrepartie une rage qui monte via nos attaques et les dégâts subis, et qui reste de manière permanente jusqu’à claquer une attaque ultime. Un gameplay bien plus simpliste mais assez fun à jouer, même si côté surpuissance, j’avoue que le Spirit 1 avec la giga attaque vidant notre barre de puissance, c’est clairement mon chouchou. On a même un Spirit 7, adapté au gameplay des persos animaux ne pouvant pas utiliser d’armes, apportant des options pour compenser, comme de nouveaux coups ou un jeu d’esquive efficace. Et on en revient au mode d’édition de Spirit, car le Spirit 8 est dédié à la création de Spirit via ce menu. On a une quantité de points à allouer pour créer à la carte un gameplay sur mesure, en piochant dans toutes les mécaniques de la saga pour faire un drôle de mix dont on aura le secret. C’est absolument génial.
Everyone is here
J’ai donc pris un très grand plaisir avec cet opus, j’y ai de nouveau pas mal joué avec un pote, et même contre l’IA c’était sympa, tellement il y a de mécaniques et de personnages différents. C’est je pense un de mes opus préférés de la série. Je sais, ce n’est pas un avis populaire, car cet épisode est finalement assez décrié, jugé comme apportant peu de nouveautés au final, n’étant qu’un maxi best of, surtout pour une série qui peine à évoluer. Et il est vrai qu’en 2005, voir un jeu qui reprend des assets datant de 1995 à l’ère de la 3D, ça peut se comprendre. Mais pour moi qui ai fait toute la série récemment pour la découvrir, c’est l’opus le plus fun. Tous les Spirits, les 48 personnages, les cinématiques, on a tout ce qui se fait de mieux dans la saga, avec un contenu XXL. Hormis la violence qui a disparu, on a là une sorte de version ultime des Samurai Shodown à l’ancienne… Une célébration de la saga.
Pour finir, je vais parler des personnages. Avec un casting aussi copieux, faudrait vraiment être un blasé de la vie pour ne pas y trouver son bonheur. À commencer par tous les anciens qui étaient déjà dispos dans la version spéciale du 5, qui reviennent avec parfois de petites nouveautés pour certains. Yumeji par exemple devient une vraie alternative à Ukyo, en apportant avec lui ou elle (le mystère reste entier encore aujourd’hui) tout un panel de moves plus vifs, dans un style assassin. Suja, que j’aimais beaucoup, a de nouveaux moves aériens, et ainsi de suite. Certains personnages ont été retravaillés, comme Basara qui profite d’un mappage de ses coups spéciaux bien plus agréable à sortir. Par contre, j’ai pas aimé ce qu’ils ont fait avec Hanzo, j’ai trouvé les nouvelles exécutions de ses coups vraiment bizarres, bref, question de goût j’imagine.
On a même d’anciens personnages qu’on découvre presque pour la première fois, comme Sankuro le mini boss du 5, excellent à jouer avec son énorme maillet et son gang qu’on peut invoquer avec plusieurs attaques spéciales, dont une choppe qui permet de regen de la vie. On a même Kuroko, le fameux arbitre, qui devient enfin jouable facilement sans être un secret perché. C’est un personnage ultra broken, avec une quantité folle de coups différents, parodiant de nombreux moves venant de King of Fighters. Il est tellement pété qu’il a vite été banni des compétitions haha.
Sinon il y a toujours des personnages rigolos, comme Amakusa le boss qui fait encore un retour, avec toutes ses petites claques et ses couinements, toujours très drôle. On a le retour de Gaira aussi, désormais officiellement chauve, reprenant la blague de la fin de son mode arcade dans le 5, trop cool. Le perso ayant le meilleur mode arcade reste Nakoruru violette, avec son dialogue lunaire avec Charlotte, où Nakoruru lui dit « vous les françaises êtes super belles et êtes de fortes combattantes », ce à quoi lui répond Charlotte « OK, combat de poules ! », pour avoir ensuite Wan Fu en mode pervers qui veut se taper les deux meufs… Mais putain, WTF !
Faut pas non plus oublier le retour des anciens oubliés du premier et du second opus, comme Wan Fu, toujours aussi jouissif à jouer tant il est énervé (faut le voir s’exploser le crâne contre son arme !). Le retour de ces anciens personnages est vraiment soigné, comme Gen An qui a un petit côté à la Vega de Street 2 via ses rebonds contre les murs, puis avec son animation de victoire qui fait apparaître ses enfants. C’est vraiment un plaisir de retrouver tous ces vieux personnages, avec leurs gameplays repensés et renouvelés pour s’adapter aux évolutions qu’a connues la série.
On a aussi le « retour » des animaux, mais jouables ici individuellement. Bon, c’est clairement des petits personnages blague, mais j’adore l’idée. Pouvoir jouer Poppy tout seul ou encore le singe Paku Paku est vraiment rigolo le temps de quelques matchs. Par contre pas trop longtemps, car avec leurs hitbox minuscules, c’est un calvaire à affronter pour le pauvre type en face. Et si vous voulez vraiment vous faire haïr, on peut même jouer la petite merde insupportable de Mina, le petit truc qui ne ferme jamais sa gueule là.
Pour finir, faut que j’évoque aussi les petits nouveaux de la série, car le jeu se paie en plus le luxe d’avoir quatre nouveaux personnages, qui hormis un, sont tous vraiment intéressants à jouer:
- À commencer par Andrew, un peu le nouveau personnage principal de cet opus, même s’il n’y a pas vraiment de scénario, je le sais. C’est le pendant américain de Yoshitora, étant à ce que j’ai compris le président de l’Amérique. Son gameplay est très intéressant, utilisant une baïonnette lui offrant une très bonne portée en plus d’une bonne vivacité. C’est d’ailleurs un des persos les plus joués en compét, signe qui ne trompe pas. Et puis comme je suis un gamin, je le trouve aussi assez rigolo, car en arrivant sur le terrain en début de match, il peut parfois dire un mot japonais qui sonne comme s’il disait « caca ». Oui j’ai plus de 30 ans et alors ?!
- Iroha, le nouveau perso totalement fan service, avec une paire de lolos abusée, surtout dans son attaque spéciale qui la laisse apparaître en ombre chinoise, wahou les obus ! Mais hormis ses deux gros arguments, Iroha a été un de mes persos favoris de cet opus, tant son gameplay très vif, avec des mini combos possibles un peu à la Street, son double saut (pas banal), est un régal à jouer. Surtout avec le Spirit 4.
- Sugoroku est un nouveau personnage totalement lié aux festivals du jeu, puisque c’est un artificier combattant avec un gros canon à feux d’artifice. Un personnage lourd donc, mais vraiment sympa à jouer, et assez fun. Notamment avec un move spécial qui met le canon sous pression, où il faudra réussir à mettre l’adversaire dedans, sous peine de quoi il nous explose à la gueule. Très rigolo.
- Puis le dernier nouveau perso, Ocha Maro, que pour ma part, j’ai vraiment pas aimé. C’est une sorte de grande marionnette de foire, avec des moves pas intéressants et en plus pénible à jouer. Un personnage qui a vraiment zéro charisme, le plus oubliable de la série, assurément.
Un nouvel excellent opus d’une saga qui devient certes exaspérante à ne pas vouloir évoluer techniquement, mais qui reste toujours un véritable bonheur à jouer. Pas d’énormes nouveautés pour cette suite, mais son incroyable casting 5 étoiles de 48 personnages et ses 8 variantes de gameplay suffisent largement pour s’y amuser de très nombreuses heures. Un de mes préférés de la saga.
8/10
Un jeu formidable
qui m'inspire, j'en ai d'ailleurs écrit une chanson
épique que je chante parfois à la taverne de Jhelom
!
Bien que le créateur de ce site (qui semblerait
venir du même monde que l'Avatar d'après les
légendes) ne place pas ce jeu parmi ses plus grands
coups de cœur, il y a tout de même passé un
excellent moment !
Au passage, êtes-vous au courant que j'ouvre une
nouvelle boutique d'archeries à Buccaneer's Den, en
face des bains ?