Warcraft: Orcs & Humans
Warcraft : Daemons & Water elemental
Genre : Strategie / Année de sortie : 1994
Publié il y a 8 jours
Warcraft 1, c’est ce jeu que j’avais voulu essayer timidement il y a fort longtemps, dans ma prime jeunesse, quand j’étais un drogué de WoW, voulant tout découvrir de son univers. J’avais pour seul bagage Warcraft 3, que j’avais adoré, et autant dire que le choc fut rude, tant la sélection de personnages limitée à 4, les contrôles plus qu’archaïques et certaines mécaniques datées comme l’unique hôtel de ville, si bien que j’ai vite laissé tomber l’affaire pour retourner prendre mon shoot de dopamine sur le MMO. Sauf qu’aujourd’hui, je suis de retour, et je compte bien prendre ma revanche.
Diviser pour mieux gérer
Alors je sais, il y a bien un Remastered qui permet de découvrir cette relique dans de meilleures conditions, en gommant toutes les lourdeurs qui ont pris un sale coup de vieux depuis l’original, mais oh, je suis un true Gamer, je recherche l’authenticité moi, j’ai donc jeté mon dévolu sur la version de 1994, soucieux de rejouer à la même version que celle essayée plus jeune. Et fiou, ouais, ça décoiffe toujours autant malgré des cheveux en moins, même plus encore, car aujourd’hui on parle d’une vieillerie de plus de 30 ans ma foi (je ne parle pas de moi mais bien du jeu si jamais).
Car au final, il n’est question que de ça avec ce premier Warcraft : un gameplay qui a atrocement vieilli, mais aussi un équilibrage des plus bancal. Ce qui choque le plus, c’est cette sélection limitée à quatre personnages, ça ça fait mal, va gérer des attaques avec ça. Pire, il faut maintenir la touche Ctrl pour pouvoir faire une sélection ! Et ne crois pas utiliser le clic droit pour donner des ordres, non, si tu veux déplacer des soldats, hop, faut appuyer ou utiliser un raccourci (de ce côté c’est cool, il y a déjà des raccourcis pour toutes les actions, top) sur la commande avancer, pareil pour l’attaque, et ensuite cliquer sur l’écran. Même chose pour les paysans, il fallait choisir l’option récolter si tu voulais du bois ou de l’or, sinon ces couillons restent plantés devant la ressource si tu as le malheur de juste leur dire de s’y déplacer. Ouais, va falloir perdre des habitudes c’est sûr. Les débuts sont douloureux, très même, mais ça ne m’effraie pas, et surtout j’avais l’avantage de ne pas avoir touché à un RTS depuis très longtemps, donc j’avais perdu un peu mes habitudes modernes, ce qui a mine de rien a facilité le processus d’adaptation.
Mais on s’y fait, et au final, arrivé sur la seconde campagne avec les orcs, force est de constater que je m’y étais fait à ce gameplay. J’arrivais à déplacer mes unités de manière fluide, et à apprécier certaines mécaniques de confort déjà là depuis le début. Comme cette commande attaque qu’on peut donner directement sur le sol, pour faire attaquer tout sur la route, diablement pratique dans un jeu pourtant si rigide. On apprécie aussi le fait de pouvoir grandement ralentir le jeu avec des raccourcis clavier, pour justement micro gérer plus facilement, compensant la lourdeur des contrôles. Après, faut se dire qu’on est encore dans les premiers RTS, tout restait à inventer à cette époque ! À l’époque, le seul vrai gros jeu du genre, et qui l’a plus ou moins inventé, c’était Dune 2, et il n’y avait carrément pas de sélection multiple d’unités sur celui-ci, je vous laisse imaginer ! Le plus drôle avec ce Warcraft, c’est qu’apparemment, les développeurs avaient la possibilité de nous laisser choisir au moins 9 unités d’un coup, ça a été dit dans des interviews, donc ce n’est pas une contrainte teechnique, mais un choix de Game design. Mais les dévs avaient estimé que mettre une limite de 4, permettait une meilleure gestion selon eux… Vraiment une autre époque !
Mais si on arrive à s’adapter à tout ce gameplay d’un autre âge (ou encore si vous êtes intelligents et utilisez la version Remastered, qui corrige une grande partie des problèmes cités au-dessus), le jeu reste très plaisant à jouer aujourd’hui. Les deux campagnes de 12 missions chacune s’enchaînent très bien, et ô étonnement, pour un jeu de cette époque, la difficulté est assez basse, je dirais même que c’est largement le plus simple des trois jeux de la série. Et oui, toute la difficulté de ce premier Warcraft se résume surtout dans le fait de s’adapter à un gameplay vieillot, car à part ça, entre l’IA pas bien maligne et un équilibrage à la fraise, il était assez simple de prendre le dessus.
Oh c’est mignon, on a déjà les petites blagues en spammant le clic sur une unité !
J’ai commencé avec la campagne humaine, qui est la plus simple des deux, et tant qu’à faire, comme c’est la campagne orc qui est canon, autant garder celle-ci pour la fin. Il est étonnant de constater qu’au final, pas mal d’éléments important du lore de l’univers de Warcraft étaient déjà là. Le Conseil des Ombres, Orgrim qu’on incarne (on le devine) chez les orcs, les morts-vivants, Medivh, la Porte des Ténèbres, Azeroth, même la fin qui explique clairement que la guerre dans ce monde n’est pas finie. C’est étonnant de constater à quel point l’histoire se met déjà en place, et qu’il n’y a pas tant de retcons que ça au final dans les suites, ce qui est rare avec des jeux de cette époque qui avaient surtout un scénario pour prétexte, souvent très paresseux. Ce n’est pas le cas ici, et c’est agréable de participer à la mise en place d’un univers mythique du jeu vidéo, dans une aventure qui était sympathique à suivre, surtout côté orc.
Puis les campagnes sont très bien conçues, avec une difficulté progressive sur les 12 niveaux, avec à chaque niveau quasiment une nouvelle mécanique qui se débloque. Dans un niveau, on débloque les unités à distance, puis après les prêtres, 3 niveaux plus loin on débloque un nouveau sort pour eux, etc. C’est agréable, les nouveautés sont diluées tout le long de la campagne et nous donnent toujours envie de continuer pour voir les nouvelles possibilités tactiques. Bon après, il y a au final très peu de différences entre les deux factions encore à cette époque, où c’était plutôt une faction gentille contre méchante.
Après, si on creuse suffisamment, on y trouve quelques différences, comme les archers, un brin plus forts côté orc, mais les humains ont une meilleure portée, ce qui pour moi les rend bien plus efficaces, surtout avec l’IA à chier du jeu. Mais c’est surtout du côté des deux unités magiques qu’il y a une petite différence, avec les prêtres côté humain qui peuvent déjà soigner et rendre invincible, alors que chez les orcs on peut donner une armure rendant invincible et relever les morts (bah ouais, il n’y avait pas encore la faction des morts vivant à cette époque !). Puis il y a aussi les invocations ultimes des deux magiciens qui diffèrent un peu, avec un élémentaire d’eau attaquant à distance pour les humains, contre des démons côté orc, plus puissants mais attaquant au corps à corps.
Parlons-en d’ailleurs de ces élémentaires d’eau et démons, tant ceux-ci brisent complètement le jeu. Ah là, on est loin des ogres-mages avec leur soif de sang de Warcraft 2, qui certes étaient pétés, mais qui font pâle figure face aux deux invocations de ce premier opus. C’est simple, ces unités sont ultra broken, capables de détruire des bases et de conquérir la map à elles seules. Une ou deux, ça va, c’est puissant mais c’est ok, sauf que les développeurs n’avaient pas prévu que les joueurs allaient forcément exploiter le truc et créer une chiée de mages pour en envoyer plusieurs d’un coup. C’est simple, tu fais 8 mages, et tu peux en envoyer constamment 4 sur le champ de bataille, et juste 4 suffisent pour détruire toute une armée défendant une base plus la base en question. Seule limite à ces unités ultra broken, leurs PV qui descendent à zéro une fois le temps d’invocation écoulé, mais bas les couilles, car arrivé là, les mages sont à nouveau full mana pour en ressortir un, haha.
C’était stupide donc, mais au moins ça compensait au final la limite de 4 personnages sélectionnables, car c’était plus simple de gérer 4 invocs qu’une armée de plus de vingt unités, qu’on réservait plutôt pour la défense. Après faut nuancer, tout ça n’arrive que dans les ultimes missions de la campagne, les deux dernières précisément. Après, d’ici là, si vous avez la flemme d’attendre, jetez votre dévolu sur les archers, qui sont de loin l’unité la plus OP du jeu, ayant une superbe portée sans aucun vrai malus de défense contre des unités au corps à corps, à un point où les armées sont au final constituées à 80% d’archers, tant ça peut tout gérer sauf les balistes, qui nécessitent là un chevalier de préférence.
La première grande guerre qui opposa les démons et les élémentaires d’eau… De quoi les orcs ?
C’était donc un jeu avec un équilibrage complètement aux fraises, mais c’était aussi une autre époque, où il n’existait pas encore cette logique à un niveau assez poussé. On peut noter par contre les balistes qui, bien qu’elles aient de réelles faiblesses car incapables de se défendre seules et d’une lenteur abominable, faisaient des dégâts de malade et pouvaient détruire des armées en un temps record si elles n’étaient pas prises en considération assez vite, avec des dégâts de zone de zinzin. Une unité plutôt bien équilibrée donc, en plus d’être ultra satisfaisantes à utiliser, mon unité préférée aussi bien en attaque qu’en défense de base, où elles excellent tout particulièrement. Ah, et autre bizarrerie de l’époque, le brouillard de guerre, qui n’existait tout simplement pas encore, donc une zone découverte restait dévoilée constamment, encourageant grandement le scouting en début de partie pour prendre un max de connaissances des lieux, permettant de voir arriver les ennemis de très loin. Et oui, ça aussi, ça arrive qu’avec Warcraft 2 !
J’ai apprécié aussi la progression au sein de la campagne, avec des niveaux qui pour l’époque étaient ma foi assez variée. J’apprécie tout particulièrement les niveaux de type donjon sans base avec une escouade, on en a trois par campagne, et malgré le micro management chaotique et un pathfinding de toute beauté (c’est de l’ironie, jamais vu pareille merde), ils sont plaisants pour la variété qu’ils apportent. Surtout côté orc, où sans soigneur, il faut vraiment bien gérer sa progression. Certaines situations apportent aussi une variété très bienvenue, comme la sixième mission des humains qui nous oppose à d’autres humains rebelles. Il sera question de sauver une base déjà attaquée en début de partie, pour partir de celle-ci afin de vaincre les rebelles. Côté orc pareil, on aura aussi une mission opposant Orgrim à Main-Noire, dans un combat miroir entre orcs. La mission 10 est assez jouissive aussi : aucune base face à une faction qui en possède une grosse, mais on possède une énorme armée de siège pour prendre la ville. La mission est relativement simple, et permet vraiment de faire joujou avec une énorme armée dans un gigantesque foutoir.
Les dernières missions sont les challenges ultimes, en nous opposant seuls contre deux bases puis même trois bases à la fin, nous faisant harceler de toutes parts… Alors ok, c’est difficile de base, mais il s’agit surtout de tenir la défense jusqu’à la création de plusieurs mages, et hop, c’est parti pour la purification par les invocations. Une fois la campagne humaine bouclée, j’ai tout de suite enchaîné sur les orcs, qui est plus ou moins la même au niveau des objectifs, c’est surtout les maps qui changent et la difficulté, revue un peu à la hausse, qui lui donne justement un plus grand intérêt. C’est d’ailleurs ma campagne préférée, les humains sont plus nombreux, ont de plus grandes défenses, attaquent plus souvent avec de meilleures unités, puis abusent de l’invisibilité pour déployer des troupes en plein dans notre base afin de nous prendre à revers. J’ai bien apprécié, car l’IA est tellement simple à contrer de base que ce truc de l’invisibilité apportait des situations plus intéressantes à gérer, en forçant le joueur à être plus versatile dans sa défense, autrement qu’en faisant juste un pâté d’unités à l’entrée de sa base.
Et que dire de plus, sinon que j’ai au final beaucoup apprécié cette aventure, où j’ai enfin pris ma revanche sur mon moi de l’époque, en terminant à fond ce jeu. Je m’en rappelle, ce qui m’avait le plus choqué à l’époque, c’était le système de routes, qui nous oblige à construire des bâtiments autour, une lourdeur pas vraiment utile, qui sera retirée dès la suite. Mais surtout, c’était le fait de ne pas pouvoir construire un autre hôtel de ville pour les mines d’or. Je m’en rappelle, je m’étais fait chier à faire une route jusqu’à une mine bien éloignée, pour ne pas trouver l’hôtel de ville dans les constructions, je crois que c’est là que j’avais arrêté haha, trop habitué au confort du troisième opus avec les scieries et les bases multiples ! Et ouais, ici, une mine éloignée devra être parcourue par les paysans depuis notre ville de base. Mais au final, on prend vite le pli, le jeu est équilibré comme ça, et on fait un paquet de paysans pour compenser le temps des allers-retours, et ça fonctionne très bien aussi.
Je n’ai bien sûr pas pu tester le online du titre à mon grand malheur, qui de toute évidence est un brin obsolète. Après, va savoir, il y a peut-être moyen avec la version originale, car on peut peut-être faire du local, mais je crois bien que ça utilisait déjà Battle.net dès le début pour jouer en ligne. Pour ce qui est de la version Remastered, le online a tout simplement été retiré, comme ça, plus de questions ! Après bon, j’imagine la gueule des matchs, qui devaient se résumer à celui qui faisait des invocations le plus rapidement possible. Cela dit, c’est vraiment le online qui a rendu ce premier Warcraft populaire en son temps, car de nombreux joueurs y jouaient encore en ligne après avoir fini la campagne à l’époque, ce qui permettait à Blizzard de constater qu’il y avait là un véritable marché pour ce genre de jeu, et donc de poursuivre avec les suites dont on connaît le succès. Mais tant pis, j’ai fait vite fait des maps aléatoires contre l’IA, mais hors campagne, l’IA est encore plus stupide, n’envoyant qu’une unité par unité sur notre base, sans jamais protéger la sienne, pas grand intérêt de ce côté. Tant pis, je me contente de la campagne, qui était vraiment chouette, surtout pour un jeu de cette époque.
Alors oui, c’est le premier Warcraft, c’est le premier opus, il y a eu du chemin entre-temps, et sans la version Remastered, c’est un véritable VOYAGE dans le temps que de revivre cette aventure, car il s’agit tout simplement de revivre les origines des RTS au final. Un jeu que j’ai pris plaisir à parcourir, malgré son gameplay et son équilibrage d’un autre âge, tant toutes les bases sont déjà efficaces, il ne reste plus qu’à peaufiner tout ça !
7/10
Hummm, Papa British m'a permis d'arrêter
l'étude du Codex de la sagesse ultime
(mais qu'est-ce donc que le Codex ?)
pour jouer à ce très bon jeu, et j'ai
bien apprécié...
Pour le créateur du site (mais qu'est-ce
qu'un créateur de site ?), c'est un très
bon jeu, mais il lui manque quelque
chose pour vraiment faire partie des
meilleurs...
Holala, je ne comprends rien à tout ça,
puis de toute façon, il faut que je
retourne à mes devoirs... Hum, c'est
quoi un Paladin ?