The Witcher 2: Assassins of Kings
Ah maintenant on parle enfin de Yennefer, encore un jeu puis tout le monde est là !
Genre : CRPG / Année de sortie : 2011
Publié il y a 5 jours
J’ai adoré le premier Witcher, c’est un fait. Je ne sais pas, il avait un cachet ce jeu. Ce petit côté fauché typique des jeux des studios de l’Europe de l’Est des années 2000, la découverte de cet univers inconnu à cette époque, un bon système de RPG, ce doublage approximatif mais qui lui confère un je ne sais quoi d’unique, bref, j’ai adoré ce jeu. Surtout quand je sais qu’il a permis à CD Projekt de se faire un joli paquet de zlotys, pour nous accoucher de cette excellente suite.
« Ma magie préférée, la lesbiomancie »
Ça a été un plaisir de retrouver notre gégé le sorceleur dans cette suite, qui entre enfin dans la cour des grands AAA. Et CD Projekt nous fait direct une petite démo de leur nouveau moteur graphique maison en nous mettant sous le nez une jolie Triss toute nue ! Aaaah oui, Witcher 1, le jeu où Geralt était partagé entre son taf de sorceleur et pilonner toutes les femmes de Wizima, les choses ne changent pas visiblement. Quoique pour cette suite, si, je n’ai pas oublié mon choix de me mettre avec Triss, je l’ai donc respecté toute l’aventure, finies les aventures d’un soir, ça, c’est de l’histoire ancienne, bien que ce n’est pas les possibilités qui manque cela-dit (notamment la petite Cynthia la, quand même je la prendr…. Non j’ai dit, je ne craquerai plus !).
Le scénario est un des aspects les plus réussis de cette suite. Fini le jeu qui ne savait pas trop sur quel pied danser entre suite des aventures de Geralt ou vivre une aventure à part (on rappelle qu’on devait jouer un autre sorceleur dans le premier jusqu’à ce que ça change dans la dernière partie du développement pour y mettre Geralt), là on est dans une pure suite des livres qui s’assume et se reconnecte petit à petit avec les bouquins. Là, enfin, on parle de Yennefer, il est même question de la retrouver ! Bon par contre, Ciri, c’est compliqué encore, Geralt a beau retrouver la mémoire pour de bon au fil du jeu, c’est un sujet qui reste toujours soigneusement esquivé, ce qui est un peu con quand même. C’est pas comme si c’était sa propre fille pour lui, et qu’il avait passé toute une saga de bouquins à la retrouver. Mais on entend un peu parler d’elle, c’est déjà ça.
Mais qu’importe, j’arrête de faire mon casse-pieds, car toujours est-il que le jeu est bien mieux écrit que son prédécesseur. Que ce soit au niveau de cette nouvelle intrigue, des personnages ou simplement des dialogues, tout est un cran au-dessus. C’est l’opus le plus focalisé sur la politique, en se concentrant uniquement sur les conflits au sein des royaumes du Nord, où les têtes de monarques sautent toutes comme des bouchons de champagnes en cet époque, menant à un chaos où Geralt se retrouvera malgré lui en plein cœur, comme à son habitude me direz-vous.
Un plaisir de retrouver Triss, Jaskier, Zoltan et bien d’autres, toujours aussi attachants. On a aussi des petits anciens des bouquins qui font leurs premières apparitions, comme Yarpen et sa mémorable bande de nains (aka les meilleurs potos de la trilogie), Sheala de Tancarville et bien d’autres. C’est aussi l’occasion d’introduire de nouvelles têtes, comme Roche que j’adore, sans doute un de mes personnages préférés de la trilogie, Iorveth, le nouveau leader local de la Scoia’tael, ou encore Saskia, la Jeanne d’Arc à la sauce polonaise. Tous ces personnages ont un sacré charisme, il n’y a pas à dire, il y a eu un sacré gap entre les deux premiers opus.
J’en retiens de nombreuses situations qui m’ont marqué, tant il y a de scènes mémorables. Les discussions entre amis avec Geralt et la bande de nains durant l’acte 2, la recherche d’Odrin dans le camp militaire qui m’a fumé de rire tant celui-ci et ces potes sont complètement déchirés, le conclave à la fin de l’acte 3, lourd de conséquences dans le monde de Witcher, bref, il s’en passe des choses. Surtout que le rythme est soutenu, l’aventure est un peu plus courte que la précédente, mais le jeu ne souffre d’aucun temps mort, et fini le backtracking qui avait, à raison, gavé tant de joueurs à l’époque. Il y a aussi pas mal de petites répliques qu’on n’oublie pas, les elfes et nains qui font de la philosophie alors que Geralt et Triss forniquent dans une grotte juste en dessous, Geralt qui lance à un soulard « Je vais te faire boire cet hydromel par le fion », le fameux moment « ma magie préférée, la lesbiomancie », bref, mythique !
Le true final boss, ce n’est pas Letho, mais le papillon sur le levier à la fin
Autre chose que j’ai adoré, l’ambiance. Ça a toujours été la marque de fabrique de la saga, les trois opus ont un charme fou de ce côté, tellement ils ont leur propre aura, et ce second opus ne fait pas figure d’exception. Le premier acte surprend avec ce très beau petit village et cette magnifique forêt en fond, puis cette musique quand on arpente les ruelles boueuses, tout en entendant discuter les villageois, voir le boucher couper sa viande… ça envoie, même encore aujourd’hui. Idem pour le deuxième acte dans la ville naine, qui profite d’une ambiance vraiment à part, même au sein de la trilogie, un de mes meilleurs souvenirs de la série, c’est certain.
D’ailleurs, puisque je parle de l’acte 2, c’est justement l’occasion pour moi d’aborder l’impact des choix, ou plutôt DU choix, celui qu’on fait à la fin de l’acte 1 pour bouleverser toute la suite du jeu. C’est un des RPG les plus uniques du genre, avec une décision qui modifie réellement toute la suite de l’aventure, via un acte 2 complètement différent, au point d’avoir besoin de faire le jeu deux fois si on veut découvrir tout le contenu, et un acte final qui repose sur la même base mais dont le déroulé reste quand même grandement impacté selon les choix. C’est absolument génial, surtout qu’il faut choisir entre deux personnages hautement charismatiques, ça a d’autant été plus dur pour moi. J’avais déjà fait les deux choix à l’époque, ici, pour ma redécouverte de la saga, j’ai repris le chemin d’Iorveth. Bien que je préfère Roche, l’ambiance de Vergen, les nains et Saskia ont un tel charme fou, que je n’ai pas pu résister.
Mais en tout cas, ce Witcher 2 est probablement pour moi un des jeux qui propose un choix parmi les plus impactants. C’est rare que l’aventure se retrouve si altérée après une décision. Avoir des personnages qui meurent ou non, suivre une autre série de quêtes, c’est commun dans les CRPG via nos choix, mais d’avoir toute une moitié du jeu quasi exclusive, chapeau bas les Polonais. Et c’est là que c’est un peu dommage, car on pourra dire que la notion de choix est véritablement le cœur de la saga, la marque de fabrique de Witcher en quelque sorte. Bah pas trop, et ce Witcher 2 fait au final figure d’exception.
Car parlons-en des importations de sauvegarde, et quel gâchis. On peut en effet importer la sauvegarde du premier opus, mais il est triste de constater que cela n’a au final quasiment aucun intérêt. Des mini références ici et là, comme un petit mot sur Adda au détour d’une conversation si on l’a sauvée dans le 1, à peine une mention de Yaevinn, et alors, pas un mot sur le grand maître, qui était quand même un gars qui a provoqué un soulèvement dans l’un des plus grands royaumes du Nord. Au mieux, on récupère l’équipement final du premier jeu, une gentille attention, qui sera périmée cela dit après deux heures de jeu, et la chose la plus notable reste ce camp de la Rose Ardente qui, selon nos choix, peut nous laisser passer ou non (ce qui est anecdotique), et c’est tout.
Putain, pas une seule mention de Talar, Leuvaarden, Alvin, ni même Berengar, comme si tous les personnages du premier opus étaient un souvenir embarrassant dont il ne fallait surtout pas parler. Bah oui, c’est sûr, c’était un foutoir rempli d’incohérences le premier jeu, mais j’aurais aimé que CD Projekt ne mette pas tous nos choix sous le tapis. On a vraiment l’impression de jouer à une suite qui ne s’assume pas complètement, avec une aventure à part, presque déconnectée des événements du 1. Et c’est malheureusement ce qui caractérise le plus la série, car on retrouvera la même chose avec le troisième opus. On n’a jamais vraiment cette continuité, ni surtout l’impact des choix entre les opus, comme dans la saga Mass Effect par exemple. Donc ouais, profitez de ce Witcher 2 et de ce choix imposant au milieu du jeu, car malheureusement, la suite n’en aura rien à foutre de toute façon.
Mis à part ce problème, n’allez pas croire que je n’ai pas apprécié mon aventure, au contraire, je l’ai même adorée. Le jeu est court, il est vrai, mais ça a l’avantage de s’enchaîner sans aucun temps mort. On alterne agréablement entre quêtes principales et secondaires, et rien n’est à jeter, tant le tout est de qualité. Je repense à cette quête annexe dans l’ancien hôpital en ruine dans l’acte 1, la quête incroyable d’Odrin dans l’acte 2, ou encore la recherche d’un artefact magique dans l’acte 3 aux côtés de Cynthia, qui a d’ailleurs regretté de m’avoir pris pour un con durant l’acte 2 huhuhu. Surtout que même au sein des petites quêtes secondaires, il y a toujours cette notion de choix, on peut toujours finir une quête de deux façons différentes, et plus tard, le jeu s’en souviendra, comme cette elfe voulant me « remercier » à sa façon de l’avoir sauvée durant l’acte précédent… ça aurait été avec plaisir ma bonne dame, mais je ne céderai pas.
De nombreux bons souvenirs donc, qui poussent naturellement à relancer une partie pour faire d’autres choix et découvrir tout le pan du jeu qu’on avait laissé de côté. C’est clairement le Witcher avec la meilleure rejouabilité de la saga, tant il est pensé pour nous donner envie d’enchaîner directement sur une autre partie après la première terminée.
Ah il y a un mode arène tu dis ?… Heu ouais non, ça va aller merci
On retrouve aussi les petits mini-jeux, qui ont le mérite de varier les plaisirs, ils ont au moins ça pour eux. Car bon, loin est l’incroyable Gwynt du troisième opus, ici on se coltine un poker aux dés plus infâme que jamais, on a l’impression de perdre 75 % des parties, à l’inverse du premier, en plus d’une interface qui régresse. Le jeu de combat à mains nues avec des QTE est une blague, et je ne vois pas comment il est possible de perdre au bras de fer, à moins de ne pas avoir de bras dans la vraie vie justement. Mais bon, c’est toujours du petit contenu annexe dans les tavernes, et parfois il y a des petites surprises avec les quêtes annexes associées, donc c’est toujours ça de pris. D’ailleurs ça me fume toujours autant les types au poker aux dés te sortir « Oh bah merde alors, personne ne m’avait encore jamais vaincu !! » en mode champion invaincu, alors que putain mec, c’est un foutu jeu de hasard ton poker aux dés à la con !
Seule ombre au tableau au final durant cette merveilleuse aventure, c’est l’acte 3, vraiment trop court. Il est impossible de ne pas y voir un développement un brin précipité, et on aurait clairement aimé en avoir bien plus. C’est flagrant en regardant la carte générale de Loc Muinne, cette section du jeu aspirait à quelque chose de beaucoup plus grand. Ce n’est pas l’intrigue principale qui se boucle en deux heures et les deux quêtes secondaires qui se battent en duel qui me feront penser le contraire. D’ailleurs, c’est même suite à une mise à jour qu’ils ont ajouté la quête avec Cynthia dans ce dernier acte, tant il devait être vide avant. Dommage, d’autant plus que c’est le moment où ton build et ton équipement deviennent bien opti, et au final on ne peut pas vraiment en profiter.
Il me reste encore à évoquer le système de combat, qui, je suis désolé, m’a semblé moins bon que celui du premier opus. Je ne sais pas si je suis le seul, mais je l’avais plutôt apprécié sur la fin du premier. Ce gameplay en rythme, toute l’emphase mise sur le fait d’huiler son arme, boire des potions, il y avait une différence fondamentale entre un combat préparé ou non. Les différents styles de combat, avec six possibles, c’était chouette aussi. Là, j’ai trouvé qu’on perd un peu de tout ça.
On se retrouve avec un gameplay plus orienté action, mais on perd en finesse de jeu. On se contente d’enchaîner comme un bourrin les coups rapides, de temps en temps un coup fort pour les plus fous d’entre nous, esquiver… puis voilà la boucle de gameplay. Les patterns des monstres ne sont vraiment pas sexy, ils ont au mieux deux coups différents, ce qui donne des combats peu stimulants. Et la gestion des ennemis quand ils sont nombreux est vraiment pénible, tant il y a peu d’opportunités pour avoir des approches vraiment efficaces, bah oui, adieu le génial style de combat groupé. Alors on a bien les pièges, bombes et dagues de lancer qui viennent un peu varier les plaisirs, c’est vrai, mais ça manque de puissance, même avec le build alchimie que j’avais pourtant utilisé.
Alors ça se joue, mais je n’ai vraiment pas trouvé cet aspect du jeu intéressant. Les potions ont beaucoup moins d’impact d’ailleurs, idem pour les signes, qui ont grandement perdu en puissance. Finis les étourdissements à tout va, le signe de piège très puissant, le sort de feu de zone qui faisait de gros dégâts… ça manque de punch quoi, con pour un jeu orienté action pourtant. Alors quand j’ai vu qu’il y avait un mode arène dans le jeu, apporté lui aussi par une mise à jour… j’ai essayé hein, mais j’ai décroché au bout de dix minutes à peine haha, ce n’est vraiment pas intéressant. Surtout que le jeu manque de précision dans ses hitbox, et c’est d’autant plus frustrant en difficulté max, où j’ai fait le jeu, car tu crèves en à peine deux coups la plupart du temps.
D’ailleurs la difficulté max débloque un nouveau set d’équipement à chaque acte, une chouette idée, car les armures sont vraiment stylées (sauf la dernière, berk la capuche de SEGPA). Faut juste un mod pour retirer le filtre « démoniaque » relou quand on l’équipe, mais sinon j’aime bien l’idée d’un équipement ultime. Celui-ci demande pas mal de farm pour choper assez d’argent afin d’acheter des ingrédients pour le craft, mais ça va, si on ne fait qu’une seule ou deux armures, c’est tolérable. Et oui, je n’ai pas échappé au craft dans ce jeu, sans doute mis là car c’était la mode à l’époque de Witcher 2, le phénomène Minecraft c’était à peine deux ans avant, on en bouffait donc à tous les râteliers. Et dieu que cette mécanique est inutile et pénible, avec tous ces composants qui pèsent une tonne, forçant les allers-retours entre le coffre et le forgeron, une tannée.
Après, pour en revenir au combat et au système de jeu, j’ai apprécié la progression et les nouveaux arbres de compétences. Au nombre de trois, ils permettent de se spécialiser entre la magie, le combat et l’alchimie, et nous forcent à nous spécialiser, là où dans le 1 tu pouvais mettre des points partout tellement tu en avais. Là, il va falloir faire des choix, même si on peut piocher un peu à droite à gauche, donc top, là aussi ça donne une bonne rejouabilité.
Et si je me suis bien amusé avec mon build sur la toute fin du jeu, comme dit plus haut, quel dommage cet acte 3 si court, qui ne nous permet pas de profiter assez de notre pleine puissance. Car c’est là qu’on trouve tous les objets pétés, qu’on a les meilleures compétences. C’était abusé comment j’étais puissant à la fin, avec des gros bonus de dégâts absurdes quand Geralt était intoxiqué, en plus d’avoir un taux de critique absurde, où les ennemis se faisaient geler et brûler en boucle (oui oui c’est possible) , en plus de poison et de saignement. Bon voilà, c’était rigolo sur les tout derniers combats du jeu, donc dommage, j’aurais aimé en profiter un peu plus… Un peu con de te refilait l'épée d'acier ultime dans une quête pour finir le jeu 30 minutes après sans quasi plus de combat quoi... et non, force pas, je ne vais pas me taper cette arène à la con !
Une excellente suite pour moi, qui comme le premier opus, a son lot d’imperfections ici et là, mais pas suffisantes pour l’empêcher d’être un très bon, voire excellent RPG tout de même. Je sais, j’ai pas mal critiqué le jeu durant toute la critique, mais ses qualités sont tellement grandes qu’on lui pardonne facilement. J’ai adoré ses quêtes, ses choix impactant, ses personnages, son humour, son univers… bref, j’aime The Witcher 2.
8/10
Un jeu formidable
qui m'inspire, j'en ai d'ailleurs écrit une chanson
épique que je chante parfois à la taverne de Jhelom
!
Bien que le créateur de ce site (qui semblerait
venir du même monde que l'Avatar d'après les
légendes) ne place pas ce jeu parmi ses plus grands
coups de cœur, il y a tout de même passé un
excellent moment !
Au passage, êtes-vous au courant que j'ouvre une
nouvelle boutique d'archeries à Buccaneer's Den, en
face des bains ?