Paper Mario : La Porte Millénaire
Le tigre de papier
Genre : JRPG / Année de sortie : 2004
Publié il y a 5 jours
La porte millénaire, ou autrement dit, le meilleur Paper Mario, le dernier vrai RPG de la licence, et même un des meilleurs RPG de l’histoire, à en croire certains (ça va, pas trop dans l’abus les gars ?). Toujours est-il que j’ai enfin découvert cet opus, et bien que j’y ai passé un très bon moment, je ne vois pas en quoi celui-ci est supérieur à son aîné. Reportage !
Le meilleur système de combat de la série
C’est donc une comparaison difficile qu’a connue ce second Paper Mario, car je n’ai eu de cesse de le comparer au premier opus, que j’ai parcouru étant gosse, donc empli de nostalgie à la con qui fausse mon jugement. Sauf que cela est à moitié vrai, car je l’’ai refait le premier il y a peu, et je sais lui reconnaître ses défauts, malgré de grandes qualités. Et au vu de la réputation de magnum opus de La Porte Millénaire, putain, je m’attendais à un jeu goldé de chez goldé, épuré de tous les petits manquements du premier. Alors c’est en partie vrai, je l’ai constaté en effet, mais le jeu apporte aussi avec lui des défauts que ne connaissait pas le premier, donc… c’est kif kif.
Et comme il y a quand même bien plus de qualités que de défauts (je ne suis pas non plus totalement un connard), commençons par ce que j’ai le plus apprécié dans cette suite :
Le système de combat. Clairement, il n’y a pas photo, celui-ci met une branlée au premier, tant il est plus profond et apporte bien plus de possibilités. À commencer par les alliés, qui peuvent désormais échanger leur place avec Mario pour encaisser les dégâts à sa place avec leurs propres PV, ce qui change grandement la donne mine de rien dans l’aspect tactique et les possibilités que ça apporte. On a une tonne de badges supplémentaires, en plus des anciens les plus pertinents qui sont de retour, ce qui apporte une quantité d’approches et de stratégies possibles. J’étais pour ma part parti sur un build où Mario était un pur canon de verre, entendez par là qu’il avait peu de vie mais faisait par contre des dégâts de maboul. Un gameplay à haut risque que j’aime particulièrement dans les RPG et JRPG, rendu possible ici grâce aux partenaires qui peuvent encaisser à tour de rôle les dégâts.
Mais ce système de combat va plus loin que ça, avec d’autres petites améliorations de confort que j’ai vraiment appréciées, comme le public qui a une vraie interaction en combat (jusqu’à ce boss du premier chapitre qui va carrément s’en servir comme casse croûte pour poursuivre le combat dans les gradins, incroyable !) ou encore ce système élémentaire feu et glace qui vient apporter un peu de profondeur bienvenue. Libre à nous aussi de choisir réellement notre montée en niveau, on n’a plus l’obligation de monter nos trois stats ensemble, c’est désormais libre, et ça aussi, c’est très bien. C’est grâce à ça que j’ai pu faire mon délire d’un Mario très faible, car je n’octroyais que très peu de point dans les PV, par contre je chargeais en points de badges ! Ce système de combat, c’est une formule parfaitement améliorée, et de ce côté là, oui, je veux bien croire que cette suite surpasse aisément son prédécesseur.
Surtout que je suis quand même un gros try harder sa mère, donc j’apprécie notamment quand un jeu propose du challenge, et quelle fut ma surprise quand j’ai constaté que cet opus en propose un excellent, surtout dans sa dernière partie. C’était la bonne vieille époque de Nintendo, où les jeux avaient encore une vraie difficulté, ce qui mine de rien contribue beaucoup à mettre en lumière toutes les qualités du système de combat de ce Paper Mario, car on est poussé à s’y investir pour passer les plus gros challenges. Que j’ai adoré ce puits des 100 salles, qui n’était pas totalement une surprise pour moi car je connaissais déjà le concept avec l’épisode Wii, mais qui a été un régal à parcourir. Surtout que j’ai été surpris par la difficulté, arrivé dans les salles 80, les ennemis sont incroyablement violents, je ne m’attendais pas du tout à ça. J’y étais allé pourtant après avoir fini le jeu avec un build cracké, les meilleurs items et plusieurs champi vie, pfiou, faut pas trop faire le con, tant certains groupes sont ultra violents et peuvent te mettre KO facilement. Puis cet ultime boss annexe caché dans la plus pure tradition des JRPG de l’époque, on ne pouvait pas mieux faire pour me séduire. J’ai quand même eu une sueur froide pendant le combat car j’ai été gelé par un effet du terrain qui ne vient pas du boss (les projecteurs de merde au sol là), qui m’a atteint malgré mes badges qui m’immunisaient à cet effet, petit bug qui a failli me coûter ma partie bordel ! Mais un plaisir, un grand plaisir, puis même le vrai combat de fin du jeu est excellent avec un super boss sur plusieurs phases. Bref, les combats dans ce jeu, c’est génial… encore heureux vu qu’on fait que ça, me diras tu !
Mario Paper Infinite
Autre grand axe d’amélioration dans cet opus : l’ambiance et la narration sont nettement supérieures à l’ancien opus, là-dessus, pas de débat non plus. À commencer par la ville de base, Port Lacanaïe, qui apporte un contraste certain avec le mignon petit village Toad du premier. Putain ici, dès l’arrivée, une potence au centre de la ville, des mafieux qui veulent te jeter à l’eau avec les pieds coulés dans le béton évidemment, des gens louches… J’ai adoré ce nouveau hub, qui a tellement plus de charme et d’identité. Puis la ville regorge de secrets, avec toujours des égouts qui consistent en un énorme donjon labyrinthique, qui s’ouvrira petit à petit tout le long du jeu. On prend aussi du plaisir à y revenir constamment, tant il y a de choses à faire. Dénicher de nouveaux secrets, le casino, essayer de trouver des techniques sur la machine à sous pour toucher le jackpot, ou encore entendre les histoires de Luigi qui vit sa propre petite aventure, qui m’a bien fait rire, comme il est toujours affublé d’un partenaire qui ne peut pas le blairer (celui qui dit « je l’accompagne pour que plus jamais il n’enfile de nouveau une robe de mariée » m’a bien fait rire) . Bref, c’est vivant, et le jeu a une vraie personnalité, j’ai ri de nombreuses fois de bon cœur ! C’est un humour et une ambiance différentes des Mario & Luigi, j’ai trouvé ça plus fin et plus mature.
Après, le jeu reste toujours séparé en huit actes, avec toujours cette quête très scolaire de récupérer un artefact brisé en sept morceaux, avant d’aller casser la gueule du méchant, qui ici a l’originalité de ne pas être Bowser, c’est déjà ça. Ce découpage en huit chapitres sied toujours aussi bien à cette suite, cela dit, tant c’est cool de vivre une mini aventure à chaque fois dans un tout nouveau monde, avec sa propre histoire et parfois son propre Game Design. Et c’est surtout sur cet aspect où cet opus fait encore mieux que le précédent, avec des mondes encore plus originaux et variés en termes d’ambiance.
Comme pour beaucoup, le chapitre trois a été clairement mon préféré. Pourtant c’est tout con le concept, juste une petite ville dans le ciel avec une arène où il faudra gravir petit à petit les échelons afin d’affronter le champion, qui a une étoile que l’on recherche greffée sur sa ceinture. Pourtant, quand j’ai vu le truc de l’arène arriver, j’ai pris peur dans un premier temps, voyant venir le truc bâclé pour générer du contenu facilement. Mais loin de là. Déjà, tous les combats sont vraiment cool à faire, avec une superbe difficulté via de nombreux combats de mini boss, en plus de devoir respecter les conditions farfelues du directeur des lieux. Mais ce qui fonctionne surtout, c’est tous les mystères de l’arène, et tous les événements qui se passent entre les combats, qui rythment à merveille tout le chapitre. Le coup des concurrents qui disparaissent, l’œuf de Yoshi, ce combat impossible, tout le mystère entourant le champion et l’ancien porté disparu… c’était génial.
J’ai beaucoup aimé aussi l’ambiance dans le sixième chapitre. Peu de combats ici, c’est tout l’inverse, mais tout un aspect enquête vraiment prenant, surtout en étant accompagné d’un pingouin détective absolument nul à chier qui m’a bien fait rire, où il faudra durant un voyage en train résoudre de mystérieuses affaires. C’est bien évidemment un hommage à Le Crime de l’Orient Express d’Agatha Christie, détourné à la sauce Mario, mais ça fonctionne super bien. Idem pour le chapitre huit, celui qui conclut l’aventure avec un énorme donjon dans le même genre que le château de Bowser du premier. En termes de gameplay, c’est de loin le meilleur passage du jeu. C’est long, bien conçu, avec de gros challenges et très varié, pas moins de cinq boss, c’est vraiment génial. Ils sont loin d’avoir bâclé la fin, c’est certain.
Quand les quêtes de ton MMO sont plus sexy que celles de ton Mario Paper
Mais malgré toutes ces améliorations, bien curieusement, sur d’autres aspects, cette suite régresse ! Et s’il y a bien une chose qui m’a vraiment fait chier sur ce jeu, au point d’être pour moi un défaut majeur et vraiment gênant là où il n’y en avait pas vraiment dans le premier : le backtracking et tout ce qui est voué à augmenter artificiellement la durée de vie du jeu. C’est flagrant, et ce problème à lui seul m’a vraiment cassé les couilles tout le long du jeu.
Là où c’est le plus visible, c’est avec les requêtes, les missions secondaires version Mario Paper. Oh pitié, c’est bien de tenter des trucs les développeurs, mais refaites plus jamais une purge pareille. C’est simple, elles ont toutes quasi aucun intérêt, c’est juste des retours en arrière de l’enfer qui te font revenir dans les anciens chapitres non stop, parfois jusqu’au dégoût le plus total. Va dans la ville du chapitre six, ensuite dans celle du trois, dans la ville principale, puis reviens ensuite me voir à nouveau dans celle du six. Ou encore les classiques, aller voir un PNJ dans le trou du cul du monde, pour que celui ci te demande des objets éparpillés dans tout le monde du jeu… un calvaire. De très rares fois, vers le chapitre quatre ou cinq je crois, tu as une très bonne quête apportant une excellente surprise pour le coup, à laquelle je ne m’attendais pas du tout, mais c’est tout. Tout le reste, c’est de la merde.
Ajoute à ça tout le contenu secondaire comme les recettes, les morceaux de fragments d’étoiles cachés de partout, nécessitant tout autant d’allers retours, c’est une tannée. J’avais pas ça dans le premier, je retournais bien de rares fois sur mes pas, mais jamais au point de me rendre maboul comme là.
Et le problème, c’est que ça ne se limite pas au secondaire, car sinon ça n’aurait pas été aussi un gros défaut pour moi. Là, c’est le cas aussi au sein même de quasiment tous les chapitres du jeu. Le chapitre deux mal designé qui te fera plusieurs allers retours dans des zones infestées de monstres si tu as le malheur de ne pas avoir pris le bon chemin dès le début. Le chapitre quatre est un enfer, avec pas moins de trois allers retours dans toute la zone du chapitre, abominable. Chapitre cinq, rebelote, ça n’arrête pas. Le six, bien que je l’aie bien aimé, même merde fois dix dans le train. Et le top du top, le chapitre sept, un cauchemar, où il faudra reparcourir quasi l’intégralité des zones à la recherche d’un PNJ qui nous échappe à chaque fois, j’ai jamais rien connu d’aussi abominable. Tout ça pour ensuite devoir réveiller ledit PNJ une fois retrouvé, en spammant une touche pendant une minute, au secours.
C’est pour ça que j’adore tant le dernier chapitre, tant c’est au final la quasi seule exception à ce level design d’une pauvreté sans nom. Car ouais, c’est vide. C’est quasiment plus que de tristes couloirs horizontaux, le jeu ne va jamais te perdre avec un game design intéressant, alors quand il faut traverser ces petits couloirs plusieurs fois pour rien, ça passe d’autant plus mal. Rendez moi mon désert Sec Sec que j’avais adoré explorer, le coffre à jouets vraiment vaste, et l’île Yoshi qui avait plusieurs grandes zones, et non pas de pauvres couloirs comme l’île équivalente de cet opus. Et surtout, ce qui choque, c’est que quand tu prends du recul, c’est flagrant à quel point il y a moins de zones au sein de chaque chapitre quand on compare au premier, une fois encore. Compare les deux îles par exemple, c’est le jour et la nuit, ou encore les deux chapitres avec les fantômes, ça n’a juste rien à voir. Le jeu perd donc beaucoup dans son level design, et a un game design tout simplement raté.
Sans doute que tout ça a été fait pour ajouter de la durée de vie artificiellement afin de réduire les temps de développement pour X ou Y raisons, mais c’est pour moi un véritable défaut pénalisant, qui m'a même fait faire une pause sur le jeu de plusieurs semaines, tant j'en avais marre. Je sais que dans plusieurs années, je ne referai sans doute jamais ce jeu, à cause de ce backtracking atroce, que je ne risque pas d’oublier. J’aurais plutôt tendance à revenir vers les autres opus, comme celui sur Wii ou le premier, qui n’avaient pas recours à ce genre d’artifice. Je tombe donc surtout des nues face à l’excellente réputation du jeu, je ne pensais pas voir un tel défaut, mais plutôt un jeu qui perfectionne tous les aspects du premier, ce qui n’est pas le cas.
Pareil pour les interludes entre chaque chapitre avec Peach et Bowser. C’était cool dans le premier avec Peach qui explorait le château, pour ensuite y retourner avec Mario à la fin, mais là, forcément, visiter deux pauvres couloirs de merde d’une base futuriste sans âme, c’est pas la même. Après, la relation entre peach et l’ordinateur était vraiment cool, et on rejoint mon point cité plus haut comme quoi l’écriture est très bonne, et vraiment étonnante de maturité parfois, comme avec l’ordinateur ou certains autres PNJ. Puis les nouveaux interludes avec Bowser, bof bof. C’est marrant la première fois la parodie de Super Mario Bros, passé la moitié du jeu, j’accueillait chacune des scènes de Bowser avec un profond soupir. On sent vraiment qu’ils ne savaient pas quoi faire du perso, et il ne sert pas à grand chose dans l’histoire, hormis une belle surprise dans le chapitre trois !
Au final, cette suite est dans la parfaite lignée du premier opus, ni meilleure ni moins bonne, dans la continuité. Si certes elle apporte des qualités incontestables avec une narration enrichie, des mondes encore plus originaux et un système de combat génialissime, cependant, les maladresses dans le level design et surtout les cauchemardesques allers retours durant tout le jeu sont des défauts non négligeables. Dommage, au lieu d’être un excellent jeu, c’est juste un très bon Mario Paper, une occasion manquée donc.
7/10
Hummm, Papa British m'a permis d'arrêter
l'étude du Codex de la sagesse ultime
(mais qu'est-ce donc que le Codex ?)
pour jouer à ce très bon jeu, et j'ai
bien apprécié...
Pour le créateur du site (mais qu'est-ce
qu'un créateur de site ?), c'est un très
bon jeu, mais il lui manque quelque
chose pour vraiment faire partie des
meilleurs...
Holala, je ne comprends rien à tout ça,
puis de toute façon, il faut que je
retourne à mes devoirs... Hum, c'est
quoi un Paladin ?