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SKORN OF BANANA



Sommaire de la série Frostpunk



Frostpunk 2 (7/10)

Frostpunk 2

Un aspect social intéressant, mais qui ne révolutionne pas la formule

Genre : Strategie / Année de sortie : 2024

Publié il y a 9 jours


Ravi d’avoir pu mettre mes mains sur la suite du très bien fignolé Frostpunk, dont j’avais pris un certain plaisir coupable à me geler les couilles dans cet univers crasseux, déprimant, à décider entre envoyer des enfants mourir dans les usines qui tournent à -50° ou alors laisser les anciens crever de froid parce qu’il n’y a plus assez de charbon mon pauvre Gérard ! Ah putain, j’ai adoré ça, d’autant plus que j’étais le parfait petit dictateur, car vous savez ce qu’on dit : « donne-lui un peu de pouvoir, et il changera d’attitude ». Bref, plaisir renouvelé dans cette suite, qui possède hélas aussi toujours les mêmes petits défauts de rejouabilité.

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Sommaire de la série Frostpunk



Frostpunk 2 (7/10)


Un nouvel aspect social avec les factions qui impressionnent

J’ai grandement apprécié le parti pris du studio pour cette suite. Fini la micro-gestion, on poursuit l’expansion de notre ville laissée plus ou moins en bon état à la fin du premier. On ne parle plus de centaines d’habitants à gérer individuellement, mais de plusieurs milliers répartis en districts. L’aspect ressources a quand à lui aussi beaucoup évolué, avec plusieurs carburants pour les générateurs, une gestion des besoins à la demande plutôt que via un simple stockage, la possibilité de créer de petites colonies qui deviennent de mini-cités à gérer… Bref, il y a de quoi redécouvrir entièrement Frostpunk, via une toute nouvelle approche.

La preuve, j’étais complètement paumé au début, obligé de suivre chaque tuto pour prendre en main une interface certes élégante et efficace, mais qu’il faut apprendre à dompter. Toutes les mécaniques sont très bien expliquées, avec un excellent système de raccourcis : on peut appuyer sur « T » en survolant n’importe quelle partie de l’interface pour avoir une explication claire et dédiée. On reste malgré tout sur du Frostpunk, où il faudra apprendre à la dure les nouvelles mécaniques, dompter ce nouveau gameplay, et accepter de se planter. Durant l’apprentissage, il ne sera pas rare de devoir recharger une partie après une série de mauvais choix ou une direction foireuse prise par manque d’expérience.

Oui, notre ancienne ville du premier jeu, c'est le petit quartier au centre !

Ça n’a d’ailleurs pas loupé avec moi ! Dès le prologue, j’ai dû recommencer, car je ne m’étais pas développé assez vite. Ne voulant faire aucun sacrifice concernant la nourriture, je me suis retrouvé direct avec un écran de Game Over, faute de stock alimentaire pour passer la tempête ! Le jeu est donc toujours aussi impitoyable. En termes de difficulté, j’ai trouvé qu’on reste très proche du premier. Mais hé, attention, cette fois le jeu te prévient dès le départ que tu vas en chier et que l’échec fait partie du voyage… Merci, me voilà rassuré bordel ! Pour ma part, j’ai joué en normal pour cette partie découverte, et c’était très bien comme ça. Un peu simple sur la fin parce qu’à l’inverse, j’avais pris trop d’avance, mais même là, j’ai serré les fesses plusieurs fois !

Car s’il y a bien un nouvel aspect qui m’a donné des sueurs froides, c’est tout cet aspect social, vraiment excellent et qui bouleverse notre façon de jouer. Il faudra désormais composer avec des factions, ayant chacune des idées bien tranchées concernant les lois, les recherches, et un paquet de choix difficiles qui font le charme de la saga. Chacune de ces actions impacterons nos relations, avec la possibilité en plus, d’en faire des individuelles comme des promesses, soutirer de l’argent ou autres, pour renforcer ou détériorer nos liens avec une faction précise. Le jeu récompensera une bonne entente avec certaines factions en débloquant des compétences uniques réutilisables, ou à l’inverse, provoquera des mouvements de révolte dévastateurs si on met de côté les plus virulentes.

Tout cet aspect social apporte une complexité bienvenue pour compenser une gestion de ville volontairement simplifiée. Et j’ai adoré ! Surtout que les lois se votent désormais via un conseil (rassurez-vous, on peut toujours restaurer un régime totalitaire si on est malin héhé), composé des différentes factions du jeu. À nous donc les joies de faire des promesses aux indécis pour faire passer certaines lois, ou à l’inverse convaincre certains de rejeter une proposition qui n’est pas de notre fait.

C'est toujours une claque visuellement

Et c’est impressionnant de voir à quel point cet aspect est poussé à son maximum. Faites plusieurs promesses non tenues, et attention au violent retour de flamme : vous pourrez définitivement perdre la confiance d’une faction. Promettez à une faction qui vous casse les couilles de leur laisser la main sur le programme des lois, mais que bizarrement aucune des leurs ne passe jamais, et ils viendront gueuler en mode « tu te foutrais pas un peu de notre gueule ?! ». C’est bluffant, le jeu ne laisse passer aucune magouille facile pour esquiver les dilemmes. Une faction me demande de détruire un bâtiment contraire à ses idéaux, mais ce bâtiment m’était trop utile ? Je l’ai détruit, ils étaient contents, puis je l’ai reconstruit direct derrière. Sur le coup, je me suis senti malin. Quelle fut ma surprise quand 20 minutes plus tard je me prends un gros malus parce qu’ils avaient flairé mon coup de pute dans leur dos !

Un jeu trop court, qui manque d’une rejouabilité intéressante

Bref, j’ai adoré cet aspect social et politique, où on s’y croirait vraiment, et comme dans la vraie vie, il est impossible de faire plaisir à tout le monde. Il faut jouer les équilibristes pour éviter que tout nous pète à la gueule. L’unique campagne du jeu est d’ailleurs profondément axée sur ça, le froid étant relégué au second plan, avec une seule grosse tempête glaciale à la fin du chapitre 2 sur les 5 qui compose la campagne. Toute la suite est centrée sur l’évolution de notre cité et sa survie à long terme, où chaque choix nous pousse à favoriser une des deux factions majeures.

Dans la dernière partie, l’aspect social devient carrément le plus important, avec guerre civile et émeutes qui prennent d’assaut les districts de production, etc. Là encore, plusieurs voies s’offrent à nous, de la plus conciliante à la plus… radicale ! À ce stade, l’aspect ressource et froid est totalement secondaire (normal, on n’a quasiment plus à s’en occuper tant tout dois rouler à ce stade), mais j’ai aimé ce parti pris. La fin est aussi prenante que celle du premier avec sa tempête, peut-être moins épique, mais en termes de gameplay c’est un foutoir monumental, avec des coups de pression énormes venant de ma cité meurtrie par une révolte sanglante. J’étais scotché à l’écran.

Je fais donc partie des enthousiastes concernant le renouveau du gameplay. J’ai vu des critiques disant qu’on perd trop le lien direct avec nos citoyens, car dans le premier premier, on construisait chaque bâtiment un par un et où on voyait nos habitants se déplacer, donnant de la vie à notre cité. C’est vrai que ça avait son charme et qu’on perd un peu ça ici. Mais moi, je ne suis pas d’accord, c’est juste que c’est différent dans cette suite, car notre cité est toujours aussi vivante en réalité. Parce qu’en face, le gameplay sur l’aspect social met une branlée à celui du premier, et avec tous les choix et interactions avec notre peuple qu’il apporte, il compense largement la perte de micro-gestion.

Là où on n’est pas perdant non plus, c’est du côté artistique, toujours une grande réussite. L’esthétique, la qualité de l’interface, tout garde ce charme propre à la série. Pareil pour l’ambiance sonore : c’est toujours un délice d’entendre les sirènes hurler durant l’hiver blanc terrifiant, immersion garantie ! J’ai particulièrement aimé l’interface qui passe du blanc au noir dans les moments de grande tension avec notre peuple : radical pour nous faire comprendre l’urgence. Mon seul regret, c’est la disparition du time-lapse à la fin de la campagne, dommage, c’était une super idée du premier.

L'aspect exploration est bien plus poussé

Après l’avoir fini, on peut se tourner vers l’autre mode, Utopie, qui permet de lancer de nouvelles parties avec plusieurs variantes : carte de départ (certaines inédites !), choix du but, des factions, de modificateurs (comme des hivers blancs beaucoup plus rudes)… Bref, de quoi prolonger un peu le plaisir. On peut aussi relancer la campagne en difficulté plus élevée pour renouveler le challenge, mais aussi tenter d’autres choix.

Malheureusement, c’est là que j’ai décroché. Tout comme avec le premier, j’ai eu un peu le même syndrome : impossible d’aller vraiment plus loin que la campagne en normal. Pourtant, je suis du genre à finir mes jeux à fond, toujours en difficulté max, mais je n’ai pas réussi à me motiver avec Frostpunk 2.

Je ne sais pas si c’est moi, mais malgré le kiff de la première run, je trouve que le jeu perd beaucoup d’intérêt lors d’une seconde. Certes, il y a d’autres choix possibles, mais malgré ça, la première découverte fait une grande partie du plaisir de jeu. C’est limite un jeu narratif à choix quand on y pense, avec un aspect gestion poussé qui est avant tout pour servir la narration. Une fois les événements connus, ça perd beaucoup de son impact, car on survole les textes qu’on connait déja, et on ne pense plus qu’à l’optimisation.

J’ai essayé plusieurs soirs de m’y remettre, mais l’envie n’y était plus. Au bout d’une simple dizaine d’heures, j’ai dû me résigner et passer à autre chose. Pas accroché au mode difficile. Pourtant j’adore ça les difficultés haute d’habitude, mais pas avec Frostpunk, où cette difficulté repose surtout sur la connaissance par cœur des choix optimaux et des événements futurs. Plus de place à l’improvisation ni à l’adaptabilité, ce qui faisait justement tout le charme de la saga pour moi. Ici, le moindre écart, la moindre erreur, et c’est la sanction quasi certaine du Game Over. Tu dois connaitre parfaitement ta partition, sinon, ça ne passera pas, et ce n’est pas une chose que je trouve intéressante personnellement. Ça enlève ce qui faisait tout l’attrait principal du gameplay, et couplé au fait de déjà connaître l’histoire et ses rebondissements, rien ne m’a retenu.

Ni même le mode Utopie, pourtant une très bonne idée des développeurs. J’y ai joué un peu, mais ça m’est vite tombé des mains, la faute au manque de narration justement. Le jeu fait des efforts en ajoutant de nouvelles factions pourtant, des petits évènements aléatoires mais rien n’y fait. Après, je suis conscient que ce je suis possiblement pas le bon public. Si certains y ont passé des dizaines d’heures et kiffé le mode capitaine, tant mieux pour eux, je les envie même ! Mais pas pour moi. Je reviendrai sûrement avec plaisir quand sortiront les futurs DLC, qui apporteront de nouveaux scénarios. Dans le premier, certains DLC avaient apporté un vrai vent de fraîcheur (celui en automne, incroyable), donc je suis confiant pour la suite.


Du Frostpunk toujours aussi efficace, mais qui hélas a toujours du mal à me captiver une fois l’intrigue principale bouclée. Mais l’essentiel est là : l’ambiance, les dilemmes moraux, la gestion hardcore largement renouvelée, combinés à un nouvel aspect social des plus réussi… C’est une excellente suite, et je salue les efforts de 11 bit studios pour avoir pris des risques.

7/10

visage du gardien de Ultima 7

Hummm, Papa British m'a permis d'arrêter l'étude du Codex de la sagesse ultime (mais qu'est-ce donc que le Codex ?) pour jouer à ce très bon jeu, et j'ai bien apprécié...
Pour le créateur du site (mais qu'est-ce qu'un créateur de site ?), c'est un très bon jeu, mais il lui manque quelque chose pour vraiment faire partie des meilleurs...
Holala, je ne comprends rien à tout ça, puis de toute façon, il faut que je retourne à mes devoirs... Hum, c'est quoi un Paladin ?