Fable II
Le seul Fable qui n’a pas un goût d’inachevé
Genre : CRPG / Année de sortie : 2008
Publié il y a 7 heures
J’avais aimé ma découverte du tout premier Fable, même si celle-ci était accompagnée d’une certaine déception, tant il était flagrant que le jeu manquait de temps de développement, partait dans tous les sens, étant un pot-pourri d’excellentes idées, mais jamais exploitées à leur plein potentiel. Je ne dirais pas que cette suite réussit cette fois-ci tout à la perfection, mais il est certain que ma déception, elle, s’est envolée.
Y jouer en 2026, oui, mais avec la fibre
Fable 2, ça ne nous rajeunit pas, c’était sorti sur Xbox 360, rendez-vous compte, l’époque où Microsoft pesait dans le Game, où il était un sérieux concurrent à Sony, loin de l’image d’usine à jeux merdiques saupoudrée de vomi à l’IA qu’on connaît aujourd’hui. C’était ce Fable 2, mais aussi Halo 3 puis les Gears of War, oui, une époque qui semble bien lointaine !
Toujours est-il que je parle de ça car Fable 2 n’est jamais sorti sur aucun autre support que cette vénérable console (étonnant à une époque remplie de remakes et remasters ad nauseam), et que c’est un peu la croix et la bannière pour y jouer. Mouais, il y a bien l’émulation, mais apparemment, pour la 360, même en 2026, ce n’est pas stable. J’ai donc dû prendre la seule solution viable sans avoir à acheter la console, prendre un abonnement au Game Pass, pour y jouer dans le cloud sur PC. Solution viable, si on arrive à tolérer un jeu déjà à 30 FPS qui est encore moins fluide à cause du cloud, sans parler de l’input lag (et des heures limité j'apprend pour bientôt au moment ou j'écris cette critique... Bon bah go émulation les gens!). Un supplice égal à celui de se faire arracher les ongles pour un joueur PC comme moi qui ne jure que par le 60 FPS, mais avec un taux de 3 g/l de vodka dans le sang, franchement, ça passe. J’ai vite fini le jeu en moins d’un mois pour ne pas payer plus d’un mois d’abo, et franchement, et on s’y fait au final.
Donc, quelle belle découverte que ce Fable 2. Je n’y attendais pas à grand-chose après mon expérience amère avec le premier opus, et ça a été au final une merveilleuse découverte. Bon, c’est du RPG très light, très simpliste à l’écriture machiavélique, clairement pas ce qui attire un gros try harder de mon genre en temps normal, mais la proposition est si bien exécutée, avec une ambiance et un charme unique, que j’ai tout bonnement passé un excellent moment.
Rien que l’intro est toujours aussi efficace, en démarrant à l’enfance, dans une session plus courte que dans le précédent opus, mais aussi plus maîtrisée, et qui a le mérite de lancer très rapidement le scénario, en nous impliquant bien plus que d’être simplement un héros générique. Franchement, j’adore cette intro, avec notre sœur au début à errer dans ce vieux quartier de Bowerstone malfamé en étant transi par le rude froid de l’hiver, où, dès le début, nos choix auront des conséquences. Forcément, jouant toujours la pire des pourritures, j’ai donné les mandats à l’autre malfrat, et que fut ma surprise quand j’y suis revenu bien plus tard adulte, de constater que le vieux quartier était devenu un ghetto de brigands et assassins.
Car c’est le plus gros axe d’amélioration de ce second opus, l’impact des choix. Là où c’était assez superficiel dans le premier, ici, on ressent vraiment dans le monde plusieurs de nos choix majeurs. 3 des grandes villes du jeu peuvent évoluer différemment selon nos choix, comme Oakfield, ce mignon petit village bucolique, qui peut devenir une terre aride et voire son temple de la lumière laissé à l’abandon suite à une quête annexe. Idem pour Westcliff, qui peut se retrouver débarrassée de ses bandits qui y font main basse, si on finance le projet d’un investisseur. Même pour des quêtes mineures comme celle avec ce fermier qu’on peut assassiner ou protéger, ce qui impliquera des changements dans la région plus tard.
Je ne dis pas qu’il n’y avait pas de choix dans le premier, mais que ceux-ci n’étaient pas assumés. Tu tuais un personnage de l’histoire ? On s’en foutait, puisque celui-ci ne revenait plus jamais de toute façon, même la vie sauve. Dans cette suite, au contraire, nos choix ont de l’impact sur le monde, sur la façon dont les gens interagissent avec nous, même sur notre apparence, où cet aspect a été grandement amélioré (via deux jauges de moralité) … Clairement, pari réussi pour moi, enfin Fable a un système de choix et de moralité qui a réellement de l’intérêt !
Salut, c’est moi, la porte de la grange !
Idem du côté de la personnalisation de notre personnage, fiou, ce progrès ! Là aussi, cette suite met une vitesse à son grand frère. On peut désormais jouer un personnage féminin (ce que j’ai fait), et que ce soit en armement, tenues, coupe de cheveux et même teinture, le choix est vaste. Surtout que le système d’évolution physique dans ce jeu impressionne, tant il a été amélioré par rapport à celui du 1. Il y a toujours le vieillissement à un moment donné du jeu, mais on va devoir aussi surveiller sa ligne, et selon les combos avec nos deux jauges d’alignement, on peut avoir nombre d’apparences différentes. J’avais fait sur la fin une meuf type gothique vraiment bien foutue en étant mauvais/pur, vraiment stylée ! Puis l’idée de faire évoluer aussi notre personnage physiquement selon nos compétences, trop trop bien ça aussi, et ça laisse une grande place à notre créativité et à nos choix, pour au final faire aussi bien, voire mieux, qu’un éditeur de personnage en début de partie.
Le monde aussi devient plus vaste, je n’ai pas compté, mais j’ai l’impression qu’il y a à peu près le même nombre de zones qu’avant, mais chacune est bien plus grande. Rien que la ville de Bowerstone, qui s’articule autour de 4 grands quartiers bien distincts, impressionne par sa taille. Les villes, tiens, un autre aspect qui a été grandement amélioré d’ailleurs, tant il est agréable d’y retourner pour ses activités. On peut désormais pratiquer des métiers avec des QTE un peu nuls mais bienvenus n’empêche au début pour se faire un peu de blé. On a aussi des jeux d’argent, des putes (team sexe sans protection, on est un héros ou on ne l’est pas), et surtout de la gestion immobilière.
Second point qui révolutionne limite la saga, tant pour moi ça a évolué ici. Fini le système de gestion de propriété rudimentaire du premier, où on gagnait très peu de thunes de nos locations, qu’il fallait galérer à aller chercher dans les sacs d’argent, puis surtout, il fallait tuer ou faire disparaître les proprios pour obtenir leurs biens, un délire ! Ici, tout, absolument toutes les propriétés disposent d’un panneau devant permettant l’achat, ainsi que le choix de la location dans le cas des maisons. Et fini les sommes rachitiques et la galère de la collecte, toutes les 5 minutes, on obtient l’argent de nos rentes, et celle-ci s’accumule même quand on ne joue pas, avec un très faible % cela dit, mais j’adore l’idée.
Ça nous dégage de tout ça un système de jeu qui, pardonnez moi le parallèle, me fait furieusement penser à un jeu du genre Cookie Clicker. Car c’est vraiment la même chose, on achète au début des petits stands accessibles à l’achat rapidement après quelques minutes de boulot, puis des maisons pas chères à louer, ensuite des boutiques et, pour les plus fortunés, les tavernes. Chaque achat augmente nos gains, et plus on gagne, plus on achète quelque chose de cher, bref, un cercle vertueux et diablement addictif. Surtout que comparé au premier, tout ça a une vraie utilité !
Déjà car les équipements les plus chers peuvent coûter plusieurs milliers, sommes difficilement obtenables sans la gestion immobilière, et aussi car les bâtiments les plus onéreux coûtent une fortune, 100 000 pièces, 250 000, voire 1 million ! Chacun de ces bâtiments spéciaux apporte de vrais bonus concrets ainsi que de nouvelles zones via des quêtes liées à celle-ci. C’est de l’excellent Game Design, et je me suis pris vraiment au jeu, découvrant à chaque nouvelle session avec plaisir l’argent gagné dans la nuit, m’approchant toujours plus de mes objectifs les plus fous, comme racheter le château de Fairfax carrément, faisant de mon personnage la nouvelle reine d’Albion !
Fable 2 a vraiment réussi ce pari un peu fou de faire une sorte de RPG de simulation médiévale / fantaisie mais très légère et sans prise de tête, et il faut reconnaître que pour ça, il le fait à la perfection. On se plaît à s’y promener, à se faire interpeller, admirer cette ville qu’on possède, buter de sang-froid une personne qui a mis un coup de pied à mon chien (j’ai fait ça une fois à Bloodstone, ça a fini en bain de sang car des villageois ont pris sa défense, le tout devant le barde qui chantait mes louanges, j’étais mort de rire).
Et tiens, transition parfaite pour parler du contenu du jeu, troisième point où le jeu aussi profite d’une énorme évolution. Qu’il fût court le premier, même avec la version PC qui ajoutait une zone finale, c’était vite plié. Là, avec la version cloud, je n’avais pas mon temps de jeu, mais je dirais que j’y ai passé facile 30/40 heures de jeu pour le 100 %. C’est copieux, entre les métiers à monter au niveau 5, les collectables avec les retours de clés d’argent ainsi que les gargouilles qu’il faut détruire (génial leurs moqueries dans la VF), l’immobilier puis forcément les quêtes secondaires, on a de quoi faire.
À chaque nouveau palier franchi dans l’histoire principale, il n’est pas rare de débloquer 2/3 nouvelles quêtes secondaires, souvent intéressantes à faire, au pire, proposant des situations rigolotes pour qu’on ne s’ennuie pas. Et bordel, j’ai été étonné, car même une fois le jeu terminé, on en a encore, notamment avec le fameux château à 1 million, qui en soi est un objectif génial, puis riche en récompenses et surprises, ça ne se finit pas juste à son achat. Non, le jeu est vraiment généreux, avec même un colisée qu’on peut cette fois-ci enfin refaire à l’envie, les portes démoniaques qui signent leur grand retour, les temples des ténèbres et de la lumière, bref, c’est vaste.
Donc le héros qui parle en pétant, c’est celui-là même qui va sauver le monde ?
Puis forcément, on a aussi les interactions avec les autres âmes peuplant Albion, et ça a toujours autant de charme là aussi. C’est toujours aussi con, roter, péter, déhancher vulgaire, c’est toujours exagéré, mais ça apporte des interactions à la Sims toujours aussi pêchues et visuelles, vraiment un truc de la saga peu vu ailleurs. C’est juste trop bien d’avoir les villageois qui font un vrai petit rassemblement autour de toi quand tu fais le pitre, leur offrir de l’alcool pour les rendre saouls et ainsi les amener se faire sacrifier au temple des ombres… Ah non, c’est juste moi ça !
On peut toujours aussi fonder une famille. Pour ma part, j’avais des familles un peu partout, des femmes aussi bien que des hommes, c’était un bordel. Ceux-ci me reprochaient vite mon absence et ont tous fini par me quitter. Le point commun entre tous ceux qui m’ont jeté pour aller voir ailleurs ? Une balle dans le dos.
On peut même avoir un enfant, grande nouveauté, qui grandira à son tour suite aux événements du jeu, excellente comme idée ! Mais pareil, son père a voulu me quitter, et lui aussi, assassiné d’une balle dans le dos, rahhh, maudit Lucien ! Le fils m’a été pris par les services sociaux, et étant père dans la vraie vie depuis peu, j’espère ne pas reproduire les mêmes erreurs avec ma famille (tant qu’elle n’essaye pas de me quitter, tout ira bien). Mais j’ai appris que si notre fils est toujours là à la fin du jeu, il y a même une quête tournant autour de lui, incroyable !
Donc vraiment une bonne feature, et c’est une constante qu’on remarque avec cette suite : chacune des petites features un peu gadget du premier a été retravaillée, améliorée, et surtout, chacune de ces mécaniques a un impact important en jeu, n’est plus un petit bonus annexe. On façonne Albion selon nos choix, acquérir les biens les plus chers débloque de nouveaux lieux et quêtes, idem pour la section sociale qui n’était que du gadget à l’époque. Un sacré taf a été fait, c’est certain.
Un peu rien à voir, mais j’ai adoré les situations absurdes que propose ce jeu. Allez, pour l’anecdote, une petite situation rigolote que j’ai vécu qui m’a fumé de rire :
Je vaquais dans les beaux quartiers de Bowerstone, quand, en visitant une maison, j’étais tombé sur la propriétaire, la belle et plantureuse Sarah. Celle-ci avait des gosses dans sa maison, mais pas de mari, et comme visiblement elle était lesbienne puis me tournait autour depuis le début du jeu (avec jauge de relation à fond), j’ai dit allons y quoi pour une petite sauterie héroïque. Mais la relou, celle-ci ne veut pas coucher avant le mariage. Fait chier, mais j’ai du fric, en 10 secondes, après lui avoir pété au nez, je lui offre une bague bon marché, j’achète sa baraque et HOP, les gosses sont jetés à la rue, et je peux enfin passer à l’action avec elle, et me contenter des doux sons de sa voix pleins d’extase durant un fondu au noir (flemme de prendre un VPN pour Pornhub, ça fera l’affaire pour ce soir *bruits de sopalin qui se détache*).
Donc meuf baisée en 2 minutes top chrono, puis juste après ça, elle veut m’offrir un cadeau. Mais il y a un bug bizarre dans le jeu, les conjoints qui offrent des cadeaux le font avec une voix aléatoire, et le résultat est complètement lunaire parfois. Je vous jure, avoir une meuf qui vous parle avec une voix de petit garçon juste après le sexe, WOW ! Alors certes, c’est très bizarre, mais putain, je me suis marré comme jamais.
Bref, voilà pour l’anecdote.
Sinon, le système de combat est sympa mais sans plus. Le jeu est simpliste au possible, avec un bestiaire peu varié et qu’on surpasse trop vite en puissance, mais bon, limite je pardonne, car ce n’est vraiment pas le cœur d’un Fable pour moi. C’est sympathique mais ça manque cruellement de subtilité. Heureusement qu’il y a tout le reste à côté, on va dire.
Sinon, autre reproche que j’aurais à faire au jeu : cette fin terriblement rushée, quel dommage ! Pourtant, franchement, la quête principale se suit bien et elle est riche en événements, surtout tout l’arc avec le héros de la volonté, entre l’arène et la flèche, c’était génial. Mais la dernière partie, malgré le héros de l’adresse qui est génial tant c’est un fieffé coquin, va beaucoup trop vite. Pire, une fois recruté, on est pris dans une succession d’événements qui mène à la fin du jeu, qui doit à peine durer 20 minutes, sans grands combats ni coups d’éclat. Une vraie petite déception, dans un jeu qui, comparé au premier, j’avais trouvé, ne sentait pas pour une fois le développement précipité. Heureusement, tout le secondaire, de belle qualité, ainsi qu’un end game sympathique, corrige suffisamment le tir pour m’éviter une trop grande déception non plus.
Puis petit mot rapide sur les deux DLC : je les ai faits (si jamais, on peut les acquérir sur la version cloud sans soucis, le prochain lancement du jeu après l’achat les prendra en compte), et bon, c’est des purs produits de leur époque, avec des petits contenus très courts, avec deux heures de jeu réparties en 3 chapitres chacun. Les petites quêtes sont sympathiques, que ce soit avec l’île qui change selon les saisons ou encore les mondes alternatifs apportant de nouvelles mécaniques (beaucoup trop survolées et peu exploitées malheureusement), mais bon, c’est très superficiel, et ouais, ça m’a fait un peu mal au cul d’avoir lâché des thunes là-dedans. Mais bon, on y trouve une tenue très stylée pour les personnages féminins. Allez, pour m’avoir permis de rendre mon héroïne sexy (*nouveaux bruits de déchirement de sopalin*), là aussi, je fais grâce. Après tout, je suis le nouveau roi d’Albion.
Très bonne petite expérience que ce Fable 2, qui gomme quasiment tous les défauts du premier, tout en gardant son charme et en y insufflant moult améliorations. J’y ai adoré son cachet toujours aussi unique, mon fidèle toutou, et un système secondaire de gestion immobilière diablement efficace. Un bon jeu à faire pour se rappeler que Microsoft n’a pas toujours pué la merde.
7/10
Hummm, Papa British m'a permis d'arrêter
l'étude du Codex de la sagesse ultime
(mais qu'est-ce donc que le Codex ?)
pour jouer à ce très bon jeu, et j'ai
bien apprécié...
Pour le créateur du site (mais qu'est-ce
qu'un créateur de site ?), c'est un très
bon jeu, mais il lui manque quelque
chose pour vraiment faire partie des
meilleurs...
Holala, je ne comprends rien à tout ça,
puis de toute façon, il faut que je
retourne à mes devoirs... Hum, c'est
quoi un Paladin ?