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SKORN OF BANANA



Unicorn Overlord

Un anneau pour les gouverner tous

Genre : Strategie / Année de sortie : 2024

Publié il y a 21 heures


Ça m’a fait du bien de jouer à un autre tactical RPG autre que la saga Fire Emblem, non pas que je ne l’aime pas, bien au contraire, mais c’est comme les plaisirs de la chair, pour mieux apprécier ce qu’on a, il est bon de varier un peu parfois (je fais allusion sans aucune ambiguïté à la gastronomie vous l’aurez compris). Donc j’ai testé cet Unicorn Overlord, mon premier jeu Vanillaware, attiré par la réputation d’un jeu au Gameplay d’une grande richesse. Et j’ai adoré.

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Des possibilités tactiques infinies

Faut dire qu’Atlus, l’éditeur qui chapote le projet, bénéficie déjà d’une certaine aura, et même si je n’ai fait aucun de leurs jeux au même titre que ceux de Vanillaware, leurs œuvres ne me sont pas étrangères. C’est donc avec plaisir que je découvre un jeu d’un studio réputé pour la solidité de ses systèmes de jeu, aux interfaces de toute beauté, bref, qui respire l’amour du travail bien fait. J’ai même retrouvé sur le net cette expression de « faiseur de système » concernant Vanillaware, et comment ne pas être d’accord, tant j’ai apprécié ce Gameplay assez inédit, s’inspirant aussi bien des Fire Emblem que d’autres jeux tactiques moins populaires de ce que j’ai pu en voir, tout en proposant sa propre vision.

J’ai donc été attiré par la promesse d’un système de jeu d’une grande richesse, et clairement, je n’ai pas été déçu. J’adore les jeux complexes, encore plus côté jeux de stratégie, et une autre chose que j’apprécie tout particulièrement, c’est faire du theorycraft. Je suis un putain de maboul, je planifie sur des Excel, Paint, feuilles de papier toutes mes idées concernant la progression de mes personnages, me buter à tout optimiser, j’adore ça. Je sais, certains pensent qu’il faut être un sacré malade pour jouer de ma manière (et c’est vrai, je suis malade, si on considère qu’avoir une teube de 50 cm est une maladie), que c’est la mort du fun, mais que voulais vous, j’adore ça. Et je suis visiblement pas le seul au vu du succès critique du jeu, et tant mieux si cela peut donner une suite à l’avenir.

Surtout que le jeu explique parfaitement chacune de ses mécaniques de jeu progressivement, j’ai rarement vu un tel soin à expliquer chaque mécanique, sans que jamais cela soit pénible pour autant. Cet apprentissage se fait sur tout un chapitre majeur du jeu, et même après, le jeu continue via des petits dialogues à nous suggérer plein de petites astuces et rappels sur certains aspects techniques du jeu, il y a un vrai soin apporté pour que tout le monde s’approprie le Gameplay et qu'on ne loupe aucune subtilités des mécaniques de jeu.

Je connaissais pas ce système d’escarmouche personnellement. On est donc amené à pouvoir créer jusqu’à 10 équipes de 5 personnages à terme, où tout est personnalisable à l’extrême. Position de chaque unité, équipement porté, compétences actives ou passives et paramétrage de celles ci parmi une centaine de conditions différentes, ils ont vraiment pensé à tout. Et pourtant, j’ai un peu levé un sourcil quand j’ai vu que les combats allaient juste consister en des combats auto, qui s’effectuent via les compétences et statistiques des deux escarmouches se faisant face. Mais j’ai tout de suite rabaissé mon sourcil quand j’ai vu la quantité infinie de situations possibles, de compositions d’équipe, de classes, d’objets apportant parfois de profonds changements dans les façons de jouer nos personnages. C’est tout simplement incroyable le nombre de synergies possibles, de stratégies qu’on peut adopter, pas un joueur n’aura pensé à associer telle unité avec une équipe bien précise.

De beaux menus dans lesquels on va y passer beauuuuucoup de temps !

Autant vous le dire, pour moi le giga bandeur du theorycraft, j’y ai dû passer des heures et des heures parmi les 90h qu’il m’a fallu pour finir le jeu. Peut être bien 20% de mon temps de jeu, si ce n’est plus, à personnaliser un à un chaque personnage, mettre un coup de polish dans les conditions des compétences de tel perso, en retirer d’un autre, reformer les escarmouches entièrement, découvrir de nouvelles synergies… J’en ai eu le tournis. Surtout que le jeu, jusqu’au bout, t’apporte de nouvelles têtes et donc très souvent de nouvelles classes, ce qui résulte à de nouvelles synergies possibles, idem du côté des objets, avec le jeu qui dans son dernier tiers nous donne accès à des mécaniques de jeu très particulières, qui conditionnent des personnages pour des rôles très précis.

Si je ne dis pas de bêtises, il y a en tout 64 personnages jouables, et une infinité de mercenaires recrutables si on veut plus de persos d’une classe précise. Pour ma part, je m’en suis tenu aux persos du jeu, ça forçait les contraintes et à devoir s’adapter pour composer nos équipes, afin de justement toujours trouver les meilleures synergies possibles. Je crois bien que j’ai refait en cours de jeu intégralement toutes mes équipes deux fois haha, je vous laisse imaginer le temps passé dessus à chaque fois. Mais putain, c’est génial. Je t’ai fait des teams de zinzin à la fin, c’était tellement satisfaisant. J’ai adoré cette équipe avec deux voleurs en premières lignes, ils étaient tous spécialisés dans des altérations d’état en plus d’être intouchables, et j’avais Berengaria derrière qui explosait tout avec ses poursuites, incroyable. J’avais aussi cette équipe spécialisée dans les attaques de feu, ou encore mon mage qui à la fin, avec l’aide de Chloé et d’équipements bien spécifiques, faisait un double séisme dès le début du combat, complètement insane en termes de dégâts en plus d’étourdir tout le monde. Bordel, c’était trop cool. J’avais même la gladiatrice à la fin dans une de mes équipes, laisse tomber comment elle était crackée, elle avait remonté le niveau à elle seule de mon escouade la plus faible.

Oh, quelle surprise, il faut sauver le royaume d’un méchant très méchant

Bref, le Gameplay, c’est de la balle, vous avez compris mon ressenti, reste plus qu’à ce que tout le reste tienne la route. Et un peu comme souvent j’ai l’impression avec les jeux du genre, côté scénario, ça reste mitigé. Pourtant l’histoire en elle même peut être sympathique à suivre malgré un classicisme vu et revu, mais faudrait encore pouvoir la suivre, tant celle ci est absente. Pourtant ça part bien avec le prologue où forcément il se passe plein de choses, mais une fois bien lancé dans le premier acte sur le continent de Cornia, une routine s’installe, où l’histoire ne progresse quasiment plus jusqu’à la toute fin. La seule vraie fulgurance, c’est la fin du premier chapitre justement en Cornia, avec un déroulement assez surprenant ma foi, je pensais pas que le grand méchant serait si vite mis en difficulté, et en soi il se passe pas mal de choses.

Mais après ça, une routine s’installe, il reste 4 régions à libérer des Zénoïriens, et chaque région a sa mini intrigue interne, où aucune n’a de lien avec les autres, ni même vraiment avec le scénario principal qui stagnera jusqu’au final, où il se passe à nouveau des choses. Donc ce n’est pas que le scénario est foncièrement mauvais, c’est qu’il est quasi inexistant, et sur un jeu où tu passes pas loin d’une centaine d’heures, c’est un peu dommage. Je pense que les développeurs se sont surtout retrouvés embêtés par cette structure qu’ils ont voulu donner ouverte au jeu, avec à la fin du premier chapitre le choix entre les deux prochaines zones, et rebelote encore après. Bordel, on peut même aller à la capitale du jeu directement et ainsi enclencher le combat final façon Zelda BOTW style. Sauf que c’est un tactical avec des niveaux pour nos personnages, forcément que tu feras tout dans l’ordre logique sous le risque de te faire exploser, et à part les speedrunners, tout ce système de progression libre n’est vraiment pas utile, sauf à faire du tort à l’histoire.

L'histoire de chaque région reste sympathique à suivre

Pas mieux du côté des personnages, dont aucun n’est marquant, y compris le personnage principal Alain (ils aiment bien les noms frenchouillards dans ce jeu j’ai remarqué, mon préféré étant le jeune prince répondant au doux nom de GILBERT). Ils sont tous terriblement clichés pour la plupart, d’un autre côté, plus de 60 personnages jouables, il en faut du remplissage. Surtout que je suis un zinzin qui fait tout à 100% tant j’ai aimé ce jeu, et j’ai fait TOUS les dialogues de soutien entre TOUS les personnages via les repas des tavernes… Fiou, ouais, pourquoi je me suis infligé ça. Oh il y avait des dialogues parfois, au secours, on aurait dit des fanfics gênantes écrites par une ado. D’autres sont plus sympas et donnent vraiment plus de profondeur aux personnages un peu plus charismatiques comme Renault, Aramis ou encore Virginia, mais ça doit représenter même pas 10% du lot.

Un truc que j’ai apprécié par contre c’est vraiment ce sentiment de voyage, chaque continent a sa véritable identité, ses personnages, ses ennemis locaux récurrents apportant de nouvelles approches, c’est bien de ce côté. Surtout que j’ai trouvé bien agréable cet aspect exploration du monde libre entre les batailles, c’est vraiment satisfaisant d’explorer librement le terrain qu’on libère qui devient de plus en plus vaste. Surtout qu’il y a des petits contenus ici et là comme les villes à restaurer, le mini jeu de minage, les petites quêtes secondaires. Rien de transcendant, mais ça permet de souffler entre deux grosses batailles et une session de theorycraft.

Il manque un véritable challenge pour tutoyer les sommets

Pour ma part, j’ai fait tout le jeu en difficulté expert, la maximum lors d’une première partie, et je dois dire que je m’attendais à un peu plus de piquant. Bien oui, on a là un jeu tactique d’une profondeur incroyable, aux milliers de possibilités, tain, je voulais en chier, être poussé dans mes retranchements, devoir m’adapter à la volée, etc… Rien de tout ça. Le jeu n’a jamais été véritablement dur. Il y a des moments un peu compliqués en effet où il faut rester bien concentré, mais des passages qui m’ont bloqué et forcé à recommencer, des murs de difficulté, aucun. Et quel dommage, je ne pense pas non plus que ce soit moi qui sois trop bon, car bien que j’ai énormément tout optimisé tant j’adorais ça, ça n’aurait jamais dû être aussi simple.

Et quel dommage, ça nuit pas tant que ça au jeu car on a tout de même juste ce qu’il faut pour pas que ce soit ennuyant, mais le mode expert n’ose pas aller assez loin pour finalement pousser les joueurs à s’investir autant que je l’ai fait dans le système de jeu, pourtant le but d’une difficulté max. Oui, je sais qu’il y en a une autre difficulté qui se débloque après avoir battu le jeu, mais aucune envie de refaire un jeu aussi prenant et long une seconde fois, fallait la proposer dès le début. Je me revoyais en chier comme dans certaines missions de Fire Emblem Fates et Fire Emblem: Three Houses qui en difficulté max avaient des passages véritablement brutaux, nécessitant de revoir sa stratégie. Je parle même pas de Warcraft III en difficulté max, qui dans sa campagne est 3 fois plus difficile qu’un Unicorn Overlord. Dommage encore une fois de ne pas avoir une difficulté exigeante qui rendrait un si bel honneur à ce système de jeu qui demande qu’à être retourné dans tous les sens.

Monde de JRPG version 1574

Et à cause de cette difficulté légèrement en deçà, il faut bien avouer que j’ai ressenti une légère redondance sur le dernier tiers du jeu. Arrivé dans la zone de la neige là, faut un peu se motiver pour continuer, tant le jeu n’est pas porté par son scénario éparse de toute façon. Alors attention, j’ai adoré tout le jeu, mais faut lui reconnaître une petite baisse d’intensité tout de même. On a tout de même arrivé dans la zone de la neige un léger regain de difficulté et pas mal d’objets puissants et nouvelles classes qui arrivent justement à point nommé, donc ça va on va dire. D’ailleurs, c’est à ce stade que ceux jouant en expert sans chercher à minima à bien optimiser leurs forces auront de véritables pics de difficulté, mais seulement eux.

Après, il y a quand même du challenge sur certains défis annexes, c’est pas très difficile, mais ça demande un peu de se sortir les doigts. Je pense notamment aux armes légendaires à récupérer après un rude combat scellé derrière des portes magiques, le combat contre le fantôme du père d’Alain pour une belle récompense, assurément le combat le plus ardu du jeu. On a même l’arène qui en soi est vraiment chouette, avec Amalia la grosse maboule qui propose un super double combat, vraiment fun. Le boss final aussi est un bon challenge, dommage donc qu’il faille attendre la fin du jeu pour un peu de résistance.

Il y a aussi un Endgame après avoir fini le jeu, mais alors celui ci est un des plus anecdotiques qu’il m’a été donné de voir, tant son intérêt est discutable. On y débloquera une simple mission très longue et franchement ennuyante tant elle ne propose aucun challenge. Dans celle ci, on débloquera une chiée de derniers personnages, notamment des méchants de l’intrigue principale déjà vaincus, qui n’ont aucune raison d’être là, mais qu’on nous file quand même. Ensuite, il y a une autre ligue d’arène à faire et quelques combats de boss se débloquant sur la map, mais le tout demande un niveau 50, qu’on est loin d’avoir après avoir fini le jeu, et il faudra farmer ad nauseam la nouvelle mission d’un ennui mortel pour exp… C’est vraiment nul, et j’ai préféré arrêter là. J’étais repu de toute façon, j’ai adoré le jeu, pas besoin de ça pour en faire déjà un de mes jeux de stratégie préférés. Vanillaware, vous m’avez déjà convaincu.


Une superbe découverte, et nul doute que je vais m’intéresser aux autres productions du studio. Une vraie bouffée d’air frais pour moi dans l’univers des jeux de stratégie, qui si il n’est pas exempt de défauts, a un système de jeu si génial qu’il pourrait porter le jeu à lui seul. Une très bonne variante à ma saga de cœur Fire Emblem.

8/10

visage du gardien de Ultima 7

Un jeu formidable qui m'inspire, j'en ai d'ailleurs écrit une chanson épique que je chante parfois à la taverne de Jhelom !
Bien que le créateur de ce site (qui semblerait venir du même monde que l'Avatar d'après les légendes) ne place pas ce jeu parmi ses plus grands coups de cœur, il y a tout de même passé un excellent moment !
Au passage, êtes-vous au courant que j'ouvre une nouvelle boutique d'archeries à Buccaneer's Den, en face des bains ?