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SKORN OF BANANA



Split Fiction

Un bon jeu de copain

Genre : Action Plateforme / Année de sortie : 2025

Publié il y a un mois


Le travail de Hazelight Studios ne m’est pas inconnu. J’ai déjà parcouru partiellement It Takes Two avec ma copine. Partiellement, car elle n’est pas très jeux vidéo, à part les jeux de gestion. Mais entre nous, si je peux vous confier un secret… Elle est nulle ! Mais hem, j’ai rien dit hein ! C’est donc fort de ce constat qu’avec la sortie de Split Fiction, je me suis juré de ne pas me faire avoir deux fois, et qu’il était temps de mettre mon gars sûr sur le coup.

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Je trouve qu’on ne parle pas assez du monde des cochons

Ce gars sûr, c’est le pote avec qui je joue chaque semaine à la maison, pour faire du Tekken, Baldur’s Gate 3, du touche-pipi, et autres joyeusetés fastes depuis la nuit des temps. C’est mon gars sûr, donc je savais que je pouvais compter sur lui si je lui parlais de l’aventure Split Fiction, et putain, bien sûr qu’il a répondu présent !

Et quelle aventure ! Difficile de comparer avec It Takes Two car j’en ai à peine fait un quart à l’époque, mais j’ai rapidement retrouvé mes marques avec les bases du gameplay, les déplacements, qui restent identiques. C’est toujours aussi maniable, avec les dash, une interface claire indiquant à qui est réservée quelle interaction. De ce côté-là, j’étais en terrain connu. C’est surtout la nouvelle trouvaille scénaristique, au cœur du game design du jeu, qui m’a surpris. Bon, le scénario en lui-même, ainsi que l’écriture, restent très simples, pour ne pas dire parfois un peu cringe (aïe, les soupirs de malaise à chaque blague façon Marvel de Zoé). Mais ça se suit, et mine de rien, on s’attache un peu à nos deux héroïnes, malgré un tout cousu de gros fils blancs bien épais.

Pour ma part, j’ai jeté mon dévolu sur la belle Mio, qui, étant créatrice de romans de science-fiction, a tout de suite su me charmer. En plus, elle a un passé sombre, un peu torturé, un petit côté edgy, ouais, ça me parle. J’ai ainsi laissé à mon pote cette plouque de Zoé, qui parle à 90 % pour dire de la merde, et créatrice de romantasy pour ado prépubère comme ma copine s’enfile par paquets de douze IRL (putain, avec ce que je balance sur elle, j’espère qu’elle ne lira jamais cette critique sinon je suis mort). Premier arrivé, premier servi, désolé mon Jéjé ! Ensuite, le jeu se lance, et après l’intro justifiant que nos deux héroïnes vont devoir partager les mondes qu’elles ont imaginés, c’est parti pour la grande aventure !

Des moments iconiques !

Et que c’était génial ! Le génie des développeurs en matière de jeux coopératifs n’était déjà plus à prouver après It Takes Two, et on retrouve exactement le même concept. C’est-à-dire plusieurs chapitres, avec chaque fois un lieu bien distinct, et une mécanique de gameplay unique, qui évoluera au fil du chapitre, différente pour les deux joueurs, afin de forcer les situations de coopération en continu. Le petit plus, c’est le côté onirique de cette aventure, avec les univers inventés des deux héroïnes qui vont s’alterner tout au long du jeu, pour varier constamment entre deux mondes diamétralement opposés. On passera ainsi d’un univers cyberpunk sur les toits des buildings à un monde de pure fantasy, accompagné de deux dragons pour y chasser une entité démoniaque. Les scénarios de chaque chapitre sont en plus souvent assez sympas à suivre. Souvent dans un ton parodique, on rigole de bon cœur en voyant les ficelles scénaristiques grossières, mais cette fois pleinement assumées, car on vit des histoires non publiées par l’une de nos deux écrivaines.

Une richesse créative impressionnante

Le début commence fort avec le monde cyberpunk, qui a été un de mes préférés côté science-fiction. Incarner Mio avec une sorte de lame du futur, et un côté action bien fichu. Le coup du téléphone durant la phase de moto nous a bluffés, mon pote et moi, tant c’était original et fun. Le monde « Mega Man » aussi, vraiment sympa niveau jouabilité. Le jeu varie beaucoup les phases au sein d’un même chapitre, ce qui permet de toujours nous garder captivés. Dans le chapitre avec les dragons par exemple, on les verra grandir petit à petit en atteignant des autels, changeant chaque fois nos capacités. Ils passeront de petits dragonets dans notre dos à d’énormes dragons qu’on chevauchera sur la fin ! Juste trop cool.

Mais une des meilleures trouvailles par rapport à It Takes Two, ce sont aussi les mondes alternatifs. Ceux-ci permettent d’explorer des mini-niveaux (une dizaine de minutes en général), et là, les créateurs se sont lâchés niveau idées et concepts à la con. On part clairement dans des scénarios à peine esquissés par nos héroïnes, souvent autour d’un concept bien fun, un peu comme si les développeurs avaient des idées de mécaniques mais ne savaient pas où les caser dans le jeu principal. On aura ce génial niveau avec un soleil qui génère une explosion à intervalle régulier où il faudra réussir à se cacher ponctuellement, cette course de surf du futur entre les deux héroïnes, le monde de la magie où on sent clairement que Zoé s’est inspirée de Harry Potter… Bref, ça permet au sein même des chapitres d’apporter des petits moments de détente, le temps d’exploiter une nouvelle mécanique vite fait, pour toujours plus de variété dans ce que le jeu a à proposer. Impressionnant.

Un nouveau chapitre, une nouvelle expérience 

C’est vraiment d’une richesse folle, et on reste parfois pantois devant une telle avalanche d’idées et de concepts de gameplay. Alors certes, il y a des chapitres (principaux ou annexes) un peu moins intéressants que d’autres, tout n’est pas au top niveau. Parfois, j’ai trouvé que certains chapitres tiraient un peu en longueur, qu’ils étaient arrivés au bout de leur concept, et j’aurais aimé passer au suivant un peu plus vite. Mais ce sentiment est resté rare comparé à tout le plaisir que le jeu a su me proposer. Surtout en découvrant certains univers fictifs vraiment très originaux, exploitant à merveille le concept d’histoires inventées par nos héroïnes. Écrivaines dans l’âme, elles avaient même commencé à créer des mondes étant enfants, et forcément, on ira en explorer deux ou trois du genre. Je ne spoile pas, mais que c’était génial, tant on a pu rire avec mon pote. C’est exactement ce genre de délire que j’attendais avec ce concept, et il ne m’a pas déçu de ce côté, tant les petits scénarios annexes sont rarement décevants.

Mais le graal, s’il fallait retenir qu’une seule chose, c’est le final orgasmique du jeu. Ah ouais, orgasmique, je sais j’y vais fort, mais en plus de 20 ans de jeux vidéo, je ne pensais pas encore pouvoir prendre une telle claque et être aussi surpris par un concept aussi génial. Là aussi, je ne spoile pas car il faut le vivre soi-même en jouant. Mais quelle maîtrise technique des développeurs, putain ! Avec mon pote on était sur le cul, à se demander si la moitié du temps de développement n’avait pas été allouée uniquement à ce combat final d’anthologie, tant le défi technique que ça a dû être pour le studio. Juste pour dire : le côté « split » d’un jeu coopératif n’a jamais été aussi bien exploité. Incroyable, tout simplement incroyable.

Donc ouais, j’ai aimé cette aventure. Ça a été une belle expérience, et je recommande à tout le monde qui a un pote sous la main de s’y essayer, tant l’expérience est rafraîchissante. Limite, le seul aspect sur lequel je n’étais pas en phase, c’est la difficulté du titre, assez basse pour un gros joueur comme moi. Pas spécialement un problème, car l’essentiel du jeu est de s’éclater via les interactions constantes entre les deux joueurs, en plus de rendre le jeu accessible à des personnes plus casual, comme votre copine (RIP pour moi), mais je tiens à le mentionner pour justifier ma note. Je pense surtout que c’est pour ça que j’ai dit plus haut que parfois, je sentais la lassitude poindre : à certains moments, les défis et énigmes proposés étaient un peu trop simplistes pour moi.


Et bien bravo les développeurs pour ce It Takes Two numéro 2 des plus réussis. Toujours aussi brillant, fun, et une des plus parfaites expériences coop qui m’a été donnée de vivre. Rien que ça.

8/10

visage du gardien de Ultima 7

Un jeu formidable qui m'inspire, j'en ai d'ailleurs écrit une chanson épique que je chante parfois à la taverne de Jhelom !
Bien que le créateur de ce site (qui semblerait venir du même monde que l'Avatar d'après les légendes) ne place pas ce jeu parmi ses plus grands coups de cœur, il y a tout de même passé un excellent moment !
Au passage, êtes-vous au courant que j'ouvre une nouvelle boutique d'archeries à Buccaneer's Den, en face des bains ?