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SKORN OF BANANA



Police Quest: In Pursuit of the Death Angel

Mouais, dans le même genre, je préfère L.A. Noire quand même

Genre : Aventure / Année de sortie : 1987

Publié il y a 2 heures


Allez, je rempile pour un autre jeu Sierra d’aventure textuelle. Sortez votre meilleure soluce pour y trouver les commandes et interactions impossibles à trouver autrement, et priez de ne rien avoir loupé en chemin. J’avoue qu’après avoir bouffé quasiment tous les classiques d’Infocom et de Sierra, je commence à un peu en avoir fait le tour des jeux textuels, tant leurs défauts ne sont jamais corrigés depuis les tout premiers du genre. Au moins, ce Police Quest a ce côté simulation de vie policière d’original…

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A fortiori, on peut dire que Police Quest, c’est avant tout un métier avec des possibilités

Dans la grande famille des jeux estampillés Quest de Sierra, au moment où j’écris cette critique, j’ai déjà bien entamé la saga des King’s Quest avec les trois premiers opus vraiment très bons. J’ai fait les deux premiers Space Quest, certes un peu plus faibles, mais vraiment sympas et rigolos, puis me reste la troisième saga dans le collimateur, celle des poulets Quest. Si j’ai apprécié le côté ouvert des premiers, l’humour du second, très clairement, on change totalement de registre pour ce Police Quest, qui mise tout sur le côté simu de vie policière.

À vous donc le manuel très sympathique avec tout un guide du parfait policier, nous expliquant les diverses procédures à respecter, comme notre équipement, le contrôle obligatoire de notre véhicule de fonction, les méthodes d’arrestation, même les codes radio y sont indiqués. Il sera indispensable de le lire religieusement pour s’en sortir un minimum, tant le jeu attend de vous une conduite exemplaire. Car oui, ici fini de faire le con comme dans un Space Quest, il n’y aura pas cinquante méthodes pour passer un obstacle ni quantité de morts rigolotes : tu respectes pas la procédure, soit tu meurs d’une balle, soit c’est un simple écran de fin te rappelant de bien lire le manuel, nommé le guide d’endoctrinement en jeu !

Programmeur votre métier ? Je m'en doutais !

Par contre rassure vous mes petits fans des jeux de Sierra, les oublies et erreurs qui provoquent des échecs dont on se rend compte que bien trop tard, ça c’est toujours là ! Tu as oublié d’inspecter ta voiture ? Eh bien paf connard, pneu crevé dès la sortie du commissariat ! Tu n’as pas mis les menottes dans le bon sens pour le suspect ? Tu te feras assommer plus tard par ce même gars. Vous savez, les morts à la con car vous avez oublié de faire une action AVANT, vous obligeant à rechoper une ancienne save pour corriger votre erreur, et encore, si vous avez compris où vous avez merdé. Donc, ce Police Quest garde exactement les mêmes défauts de conception qui me font tant souffler du nez avec à peu près tous les jeux Sierra de cette époque, puis avec le côté simu sans pitié, limite c’est encore pire quoi. Sans compter que le jeu perd presque toute notion d’exploration (me parlez pas de cette ville à « explorer » avec la voiture svp) et d’humour. J’avoue que clairement, ce Police Quest a été le jeu avec lequel j’ai eu le plus de mal parmi les jeux d’aventure textuelle que j’ai fait.

D’ailleurs c’est marrant, j’aime bien les développeurs qui se sont vantés que leur jeu, par la suite, a été utilisé par des flics en formation dans la vraie vie tellement il était réaliste. Alors je sais que le jeu a vieilli et que mon avis est un peu biaisé en écrivant cette critique en 2026, mais ce ne serait pas un peu du foutage de gueule par hasard et du pur marketing ? Ok pour le respect des procédures, je peux y voir le côté pédagogique, mais je vois moins par contre l’aspect pédagogue de devoir tourner en rond deux heures car on n’arrive pas à trouver notre putain de matraque planquée dans notre bagnole de fonction sans aucun moyen de le savoir. Pas sûr que ça fasse partie de la formation des flics de Los Angeles cette partie, m’voyez.

Brigadier-chef et agent de la paix avant tout

Mais allez, j’arrête de faire mon aigri, car en soi, hormis tous ces défauts inhérents à nombre de jeux d’aventure de cette époque, j’ai tout de même su apprécier certains aspects du jeu. Il est bon de changer d’air avec un jeu plus immersif, et s’il est dommage au final de n’avoir aucune liberté sur les choix (une seule bonne façon de passer un événement), on s’y plaît un peu à jouer le parfait flic modèle. Disons que le côté simu a du charme surtout au début, aller dans le vestiaire, s’équiper, suivre le briefing, prendre sa bagnole de fonction puis déambuler dans les rues. La ville se divise en 16 écrans à explorer, mais il n’y a rien à y faire, on peut simplement repérer les lieux importants pour plus tard quand on devra y aller, c’est tout. La conduite est simple, il faut juste respecter les feux rouges et éviter de s’exploser dans les murs et les véhicules façon GTA.

Devinette : ou ce trouve ma voiture de police ? Perdu, ce n'est pas la bleu !

En soi, il y a un petit peu de charme, tu mets une playlist radio des années 40 américaines, et limite tu t’y crois. Et il n’y a pas trop de but. Tu te balades jusqu’à recevoir un appel d’un collègue signalant un problème, puis tu t’y rends, car on est agent de la circulation pendant une bonne partie du jeu. On commence calmement avec une meuf qui grille un feu rouge, un type bourré, des bikers qui envahissent un parking privé. Chaque situation demandera un suivi religieux des règles, oublie une seule étape et c’est un game over assuré. Le problème étant que tout n’est pas forcément expliqué, typiquement le système de ticket à faire signer à une personne qui a fait une infraction, ce n’est pas pareil en France, donc ce n’est pas naturel pour moi. Puis comme rien n’est dit dans le manuel, bah j’ai été obligé d’avoir un guide qui me disait les commandes car je ne savais vraiment pas quoi faire, planté comme un con devant le PNJ, ignorant comment progresser niveau procédure. On a beau avoir plusieurs situations représentées dans le manuel avec la procédure pour chacune d’elles, aucune ne se retrouve à l’identique en jeu, ce qui est un peu frustrant.

La plupart du temps, les interventions se terminent avec le coffrage en règle de la personne qui a commis le délit, avec passage à la prison, ouvrir le casier, déposer son flingue, fermer le casier, appuyer sur le bouton de la porte, dire le délit, retirer les menottes, sortir, ouvrir le casier… Bref, le principal problème avec ce côté simulation, c’est que le jeu est terriblement répétitif au niveau des commandes, c’est lourd. Ok, c’est marrant la première fois de se faire voler la voiture si on oublie de fermer la porte, mais le jeu pourrait après automatiser toutes ces actions redondantes. Le contrôle de la voiture, la procédure avec la prison, prendre sa douche et tout le bordel au commissariat, j’en avais ras la bite, et pourtant, je suis quelqu’un de plutôt tolérant avec les mécaniques de jeu répétitives, mais au secours là. Donc oui, c’est bien la simulation sur le papier, mais ça devient très vite casse-pieds, SURTOUT DANS UN JEU AUX COMMANDES TEXTUELLES. Ça ne marche pas vraiment quoi. Un défaut qui sera peut-être corrigé avec les suites, je verrai bien, car l’arrivée du point and click peut grandement améliorer ce merdier, on verra ça.

La tâche morale qui lui décombe… et surtout qui lui incombe

Haha, j’ai dit plus haut que j’arrêtais de faire mon aigri, mais putain, je me rends compte que je recommence au final. Allez, focus sur le positif ! Bien, le positif, c’était que les développeurs étaient conscients que certaines tâches étaient assez pénibles. Ils ont donc ajouté un peu de confort avec deux raccourcis très utiles, le F4 pour faire une action automatique comme sortir de la voiture, vite sortir son arme etc., puis CTRL+D pour faire un appel radio. Un merci aux devs, sur les 10 000 prompts répétitifs nécessaires pour finir le jeu, ça en retire un peu.

Sinon l’autre aspect intéressant, c’est qu’on va évoluer vers le milieu du jeu, pour passer dans la brigade des stup, afin d’effectuer des missions plus intéressantes et palpitantes. Notamment la toute dernière, prenant place dans un grand hôtel, où il s’agira d’infiltrer les salles de jeux clandestines, afin d’approcher et de faire tomber le patron des Death Angels, mafia qui gère toute la distribution des drogues dans la ville. C’était vraiment prenant, surtout que durant tout le jeu ce fil rouge nous est bien amené, que ce soit via des coupures de presse, via nos interventions en lien avec eux, et même lors de nos passages au bar pour boire un coup avec notre pote de service Jack. Celui-ci est en total déprime à cause de sa jeune fille qui a fait une overdose, la faute à des revendeurs au sein même des lycées, ce qui, vers la fin du jeu, provoquera même son décès.

Le jeu à pas mal de petite cinématique sympathique, mais toujours bridé par les graphismes limités

Il y a donc toute une vraie narration : à nos retours au commissariat, nos collègues font des blagues à l’inspecteur en chef, parlent de Jack, réagissent à notre promotion, bref c’est vivant, un excellent point. On est même affublé d’une collègue lors de notre arrivée dans les stup, qui viendra parfois avec nous, notamment sur une intervention précise. Donc voyez, il y a du négatif comme du bon apporté par cette formule plus réaliste.

Toutefois, si le jeu se veut plus réaliste, n’essayez même pas de le réussir sans soluce. C’est de loin le jeu le plus difficile que j’ai fait dans la game des Sierra, un peu paradoxal car c’est celui qui est le plus cohérent et logique dans ces situations pourtant. On ne part pas dans des délires à la Space Quest, mais on a tout simplement du mal à savoir ce que le jeu attend de nous à un instant T, tout bêtement. Par exemple, il faudra parfois deviner qu’il faut retourner au commissariat après une intervention, alors qu’à d’autres moments il faut juste errer dans la ville pour un autre appel radio. Certaines actions indispensable sont juste introuvables, genre à la toute fin quand il faut remonter dans sa chambre et appeler un taxi pour notre collègue infiltré, ou encore y retourner après la partie de poker et y attendre UNE PLOMBE jusqu’à ce que des collègues déboulent en nombre pour nous filer un micro (qu’il faut deviner devoir demander en plus, et sans ça, game over à la toute fin du jeu).

Je ne sais pas, le jeu n’était jamais clair sur ce qu’il attendait de moi. Moi qui ai une radio, pourquoi le jeu n’en profite pas pour faire appeler un PNJ du commissariat pour me guider ? Typiquement quand Laura m’attend sans aucune indication au commissariat alors que je suis sur les routes, je ne sais pas putain, elle ne peut pas juste m’appeler sur ma radio non ?!

De plus, bien que le système de points soit toujours là, il n’aide pas spécialement à savoir ce qui est important ou non. On peut faire un tas d’actions dites bonus qui apportent des points, mais qui dans les fait ne servent à rien. Inspecter le coffre d’une bagnole pour y trouver de la cocaïne, lire ses droits à un type arrêté, trouver certains indices, même empêcher l’évasion de prison d’un type, tout ça apporte des points mais visiblement ne sert à rien au final, ne débloque ni nouvelle possibilité, ni aide vraiment à progresser. Curieux, ce game design, surtout sur le coup où tu empêches le mec de quitter la prison en allant voir le procureur et tout pour l’accuser d’autres crimes. Que tu le fasses ou non, il finira ensuite par s’évader et se faire tuer quoi qu’il se passe, un peu idiot j’ai trouvé ! On avait la possibilité d’apporter différentes fins selon le nombre de points gagné pour récompenser notre rigoureux travail de flic, mais rien du tout, une occasion manquée clairement.

Ah et si vous souhaitez faire le jeu, petit indice que j’ai découvert seulement à la toute fin car j’étais bloqué dans des escaliers à la con : vous pouvez vous déplacer en diagonale grâce au clavier numérique (1, 3, 7 et 9), croyez-moi, c’est sacrément utile !


Mouais, clairement pas mon Sierra préféré. L’aspect simulation de vie policière peut être un bon sujet pour un jeu d’aventure, mais l’exécution pour moi a trop de lacunes, puis le rythme déjà lent est plombé par cet analyseur de texte préhistorique même en 1987, plus du tout en phase avec les ambitions de Sierra. Il est temps de faire évoluer la formule des jeux d’aventure, car c’est pour moi le plus faible des jeux Sierra majeurs que j’ai pu faire jusqu’alors.

6/10

visage du gardien de Ultima 7

Oh bah peut-être bien que le grand maître de ce site m'a demandé de commenter ce jeu.
Il m'a même dit que, ben qu'il m'a choisi, car le jeu est un peu comme moi, avec un beau fond et de vraies qualités, mais des défauts gênants qui l'empêchent de vraiment briller.
À vrai dire, je n'ai pas tout bien compris. Le maître voulait-il dire que je suis un bon gars mais que je suis moche ? Ah bah non, c'est faux hein, puis d'abord pour le prouver, je vais essayer de rentrer dans Fawn, la ville de la beauté qu'ils disent !