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SKORN OF BANANA



Dragon Quest

Le tout premier JRPG… et aussi le meilleur pour débuter

Genre : JRPG / Année de sortie : 1986

Publié il y a 22 jours


Le tout début d’un genre, ça y est : Dragon Quest, premier du nom, en 1986. Bon, "création d’un genre", c’est vite dit. Comme on le verra sous peu, on va plutôt parler d’un jeu qui s’inspire grandement d’une saga culte du CRPG occidental, qui avait déjà fait des émules au Japon. Mais tout de même, Dragon Quest n’a pas démérité. Si les débuts de la saga sont timides, relativement sages et basiques le temps de prendre leurs marques, la proposition est déjà diablement efficace… eh bien, c’est justement ce qui m’a plu avec ce premier opus.

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Ah ouais, mais c’est totalement une contrefaçon nippone, ton bousin !

Bon, petit cours d’histoire avant de commencer, car c’est toujours bon de rétablir certaines vérités. C’est quoi, l’origine de Dragon Quest ? Car ce jeu, même s’il est le vrai créateur du genre JRPG (tu retrouveras toujours des jeux "JRPG" plus vieux et chiant en cherchant, mais Dragon Quest est le premier vrai succès à poser de solide base), ce n’est au final pas vraiment le tout premier jeu de ce type là-bas. C’est d’ailleurs même l’inverse !

À l’époque, au Japon, deux sagas ont particulièrement cartonné chez les bouffeurs de sushis : Ultima et Wizardry. Deux sagas cultes de CRPG des années 80, venant tout droit de l’Occident. Et si Wizardry a servi d’inspiration pour le système de combat (qui sera bien simplifié), c’est bien Ultima qui servira principalement d’inspiration, plus que majeure, pour ce Dragon Quest.

Je peux le dire, car étant un méga maboul fan de CRPG, j’ai déjà fait tous les premiers Wizardry et surtout tous les Ultima, donc j’ai clairement pu voir les similitudes. Et c’est surtout flagrant quand on a fait les trois premiers Ultima (berk le second, caca celui-là), tant il reprend tout de ces jeux. Ultima, c’est une saga, il faut le savoir, qui a eu un énorme succès aussi au Japon. J’ignore vraiment pourquoi. Je crois bien que c’était le développeur des Ultima, Richard Garriott, qui avait à l’époque signé un contrat avec un éditeur japonais pour adapter ses jeux au public nippon, et le succès a été immédiat.

Les bonnes vielles map à l'ancienne, ma madeleine de Proust

Et Ultima 3, retenez bien ce nom, surtout dans ses versions NES japonaises (sorties après Dragon Quest pour le coup), est un peu comme le tout premier JRPG déjà, tant tout y est. On a le petit groupe de personnages qu’on crée en début de partie, qui sera copié par le premier Final Fantasy, une map à explorer avec des villes et des donjons à trouver, un système d’équipement similaire aux premiers Dragon Quest, un système d’indices avec les conversations avec les PNJ où il fallait noter tous les précieux conseils, le roi qui sert une fonction importante en jeu (dans Dragon Quest, il permet de sauvegarder), la gestion de la lumière dans les donjons...

Et le plus flagrant : le système de mots-clés. Ici, un menu avec plusieurs actions qui reprend à l’identique ce système des premiers Ultima, où chaque touche du clavier correspondait à une action, comme "Open" une porte, "Klimb", etc. Vestige inutile, car cela apporte de la lourdeur à un jeu pensé pour être fait avec une manette, mais bon… quitte à copier Ultima, autant y aller à fond, même si ce n’est pas pertinent parfois !

Bref, j’en ai fini avec cette aparté. Je trouvais intéressant d’en parler et de vous apporter le rare point de vue d’un zinzin qui a déjà joué à toutes ces antiquités. Toujours est-il que cela ne retire en rien le mérite de ce premier Dragon Quest, que j’ai beaucoup aimé parcourir. Mais au moins, ça permet de mieux comprendre d’où vient le JRPG. Tous les prochains JRPG suivront à leur tour la formule Dragon Quest/Final Fantasy, tandis que le CRPG, avec Ultima et consorts, prendra une autre direction pour continuer à évoluer et devenir le RPG occidental, avec les jeux du genre Baldur’s Gate qu’on connaît bien. C’est juste marrant de voir que, finalement, le JRPG a surtout pour base les premiers RPG occidentaux, et que ces mécaniques ont été reprises et adaptées pour plaire à un autre type de public, créant ainsi un genre à part entière.

PARLE DU JEU, PUTAIIIIIIIN !!!

 

Bon, ok, retour au jeu. Alors, qu’est-ce que j’en ai pensé, moi, le gars hyper cultivé, qui semble tout savoir ? Bah… c’est un bon jeu, ce Dragon Quest !

… Oui, décevant comme réponse. Bon, ok, je développe un petit peu alors !

Ce que j’ai particulièrement aimé avec cet opus, c’est le côté simpliste du jeu, qui ne s’emmerde pas avec la complexité des jeux du même genre. Promis, c’est la dernière fois que j’en parle, mais justement, les Ultima qui ont servi d’inspiration, ainsi que les Wizardry, étaient des jeux complexes. Fallait se palucher un long manuel, ne serait-ce que pour apprendre les touches, les mécaniques de jeu datés sont difficile à aprehender, et je parle même de la difficulté absurde de certains. Bref, Fallait s’investir quoi, ce qui fait que ce sont des jeux hardcore à faire aujourd’hui sans être super motivé.

Tandis que Dragon Quest, c’est simple. Oh que c’est simple. Un petit manuel d’une quinzaine de pages, même pas indispensable au final, et en cinq minutes, c’est bon, tu as tout pigé au jeu. Pas à se prendre la tête avec la gestion d’un groupe ni même à répartir des statistiques pour optimiser sa classe, non, on s’en bat les couilles. Tu joues le héros, qui a la classe de héros, et balec : il fera tout, Guerrier et mage, t’embête pas. Les combats ? Allez, pas de souci, juste un ennemi max à l’écran, comme ça, c’est simple. Une poignée d’objets, d’équipements et de magies, pas plus. Juste ce qu’il faut pour apporter un aspect RPG intéressant sans noyer le joueur sous les possibilités qui pourraient le perdre.

C’est le maître-mot de ce Dragon Quest : la simplicité. Et ce n’est pas un reproche, j’ai justement aimé le jeu pour ça ! Étant un gros joueur hardcore qui s’enfile pléthore de vieux jeux archaïques qui ont pris un sale coup de vieux dans la gueule, surtout du côté du RPG, Dragon Quest 1 a été une véritable bouffé d’air frais pour moi. Tant c’est impressionnant à quel point la proposition est simple, efficace et fun. Une certaine pureté dans ses mécaniques, pour une prise en main immédiate, qu’aucun CRPG occidental n’arrivera à proposer avant bien longtemps. La formule Nintendo, quoi.

De plus, j’ai fait le jeu sur sa version SNES traduite en anglais par des fans, et c’est de loin la meilleure expérience possible. Le jeu est forcément plus beau que la version NES, cela va de soi, mais il apporte aussi pas mal de petites modifications qui, sans dénaturer l’expérience du jeu original, offrent beaucoup de confort. Cela se fait notamment avec les gâchettes de la manette SNES, qui servent de touche à tout faire, réduisant grandement la lourdeur du système de menu de la NES.

Je vous ai d"ja dit que ce jeu ressemble à Ultima 3? Non parce que c'est le cas. 

On a aussi tout un rééquilibrage des quantités d’or et d’XP reçus, rendant le jeu beaucoup moins débile en farm (un standard à l’époque). Bref, c’est la version à faire pour découvrir ce jeu, selon moi, en attendant l’éventuelle version HD, qui devrait arriver sous peu au moment où j’écris ces lignes.

De plus, ça a été un plaisir pour moi de constater que tout le charme de la saga opère déjà avec ce premier opus. On reconnaît déjà le coup de crayon d’Akira Toriyama (DBZ), qui apporte un charme indéniable au chara-design du jeu, surtout visible dans la version SNES. Les musiques font déjà du Dragon Quest, et la boucle de gameplay est déjà suffisamment solide pour apporter ce petit côté addictif, qui a étonnamment bien fonctionné sur moi, encore aujourd’hui !

C’est que le jeu est si agréable à parcourir. Il doit prendre grand max (vraiment en prenant son temps) 15 heures de jeu, ce qui fait qu’il est impossible d’y trouver le temps de s’ennuyer. Alors certes, avoir une aussi courte durée de vie a aussi ses défauts : la map est forcément assez petite, on en fait très vite le tour via des allers-retours incessants (surtout en jouant sans soluce comme moi), et le manque de moyens de transport ainsi que la simplicité du level design font que le jeu tient peu la comparaison avec les autres JRPG de l’âge d’or, infiniment plus riches de ce côté-là.

Mais j’insiste : j’ai tout de même bien aimé cette légèreté. Un jeu qui se fait rapidement comme ça, c’est agréable aussi.

 

Un gameplay simple, mais déjà bien addictif

L’aspect que j’ai le plus aimé dans le jeu, c’est son côté enquête au final, qui était déjà un de mes aspects préférés dans les jeux Ultima (rah putain, j’avais dit que je n’en parlerais plus !). Je suis peut-être bizarre, mais j’adore prendre des notes en jouant. Là, on est dans du bon vieux old school, avec plein de PNJ dans les villages à qui il faudra tous parler, sous peine de louper une information capitale. Faut tout noter, même les choses qui peuvent sembler insignifiantes, on n’est jamais trop prudent.

« Ah ouais, tata Roberta aime faire de la flûte avec la teub de tonton Marco, tu dis ? Attends, je sors mon bloc-notes… FlûteBiteMarco, dans le village qui se nomme… Euh, dans le village au nord-est de la map. » Bah, je peux te parier que tu entendras parler d’une flûte peut être trois heures de jeu plus tard, et que tu seras bien content d’avoir noté l’information quelque part.

J’adore cet aspect enquête tout simplement, c’est si satisfaisant de tout noter et de voir que nos notes, certaines mises bout à bout, nous permettent de découvrir des éléments-clés du jeu. C’est le genre de jeu qui te fait sentir intelligent ! J’ai fait tout le jeu sans soluce, et j’ai adoré le faire comme ça, c’est vraiment grisant de progresser petit à petit par soi-même.

À la limite, la quête du médaillon enterré sur la map, j’avais compris le truc des coordonnées avec l’objet de la reine et obtenu des détails sur la zone où il fallait creuser, mais c’était bizarre, il y avait un axe qui était inversé. Bon, j’ai réussi quand même, mais j’avoue j’ai bien galéré. Pareil pour cette salle secrète dans le château : bordel, j’avais bien compris qu’il y avait un endroit caché ici, mais putain, comment j’ai galéré pour la trouver cette chambre secrète !

Même du côté du scénario, c’est sympa. Bon, année 86 oblige, c’est toujours les standards du « AGNEUH GNEUH, TUER MÉCHANT SORCIER ! », mais le déroulé de la quête est sympathique. Au début, il faudra faire ses preuves en sauvant la princesse, car pas grand monde ne croit qu’on soit le descendant d’un guerrier légendaire. Après avoir sauvé la princesse et lui avoir roulé des pelles juste à côté de son père le roi (c’était assez rigolo ça), on poursuivra notre objectif pour aller casser la gueule du gros méchant. Toute cette aventure impliquera, bien sûr, de visiter les différentes villes et parler avec les nombreux PNJ qui les peuples, ce qui apportera du corps à ce monde.

Puis merde, faut le dire, j’ai kiffé faire Paf Paf avec la pute des bains dans la ville qui s’appelle… Euh, la ville au nord-est de la map là !

Seigneur, un Sarrasin !

Pour finir, faut que j’évoque aussi le système de combat qui, bien que très basique avec des combats 1V1 jusqu’à la toute fin, reste très plaisant. Même les donjons sont très simples, et à part le tout dernier assez vaste, ils se parcourent tous assez rapidement. Bon, je remercie quand même l’émulateur SNES pour son avance rapide, sinon je me serais un peu ennuyé parfois, mais les combats sont vraiment bien et étonnamment bien équilibrés. Là où, à son époque, il était courant que les jeux soient absurdement difficiles juste pour te faire farmer comme un connard, ici, la difficulté est très bien dosée. Les monstres gagnent en puissance sans jamais non plus devenir débiles. Et aussi, quasi jamais besoin de farmer : si on fait suffisamment de combats tout le long du jeu, il n’y a jamais de vrai problème. Peut-être à la toute fin où il faudra un peu forcer pour atteindre le niveau 19 et son dernier sort, à la limite.

D’ailleurs, les sorts ne sont pas bien utiles ici, c’est un peu dommage. Surtout en combat, où à part le soin, les sorts d’attaque sont flingués, et il sera toujours bien plus efficace de faire parler l’épée. Le système de magie n’est toutefois pas à jeter, car on y débloque au fur et à mesure plusieurs sorts utilitaires vraiment utiles, qui augmentent petit à petit le confort de jeu durant l’exploration.

J’ai donc tracé ma route jusqu’à la fin du jeu, où j’ai pu laver le fion d’un boss final assez simple ma foi. Faut dire que j’avais complètement loupé l’ultime épée, persuadé de la trouver sur la route dans le dernier donjon (c’est pourtant le cas, je suis juste nul à chier), et pensant qu’elle était indispensable, je me suis cru bloqué. Bah non, j’ai tenté le combat un peu à la zeub, et si c’était tendu, j’ai quand même fini par sauver le monde !


Une excellente découverte que ce Dragon Quest. Qu’importe qu’il s’inspire grandement d’une autre œuvre, qu’il soit étonnamment simpliste dans sa conception, toujours est-il qu’il reste le premier grand JRPG, et qu’après lui, va découler tout un archétype du jeu vidéo, cousin de mon préféré, les RPG occidentaux (qui restent meilleurs quand même, je pose ça là).Sa trop grande simplicité l’empêche pour moi de tenir la comparaison avec les autres ténors du genre, mais toujours est-il que j’ai passé un très agréable moment à découvrir les origines de la légende de la lignée Roto, ainsi que celles du JRPG.

7/10

visage du gardien de Ultima 7

Hummm, Papa British m'a permis d'arrêter l'étude du Codex de la sagesse ultime (mais qu'est-ce donc que le Codex ?) pour jouer à ce très bon jeu, et j'ai bien apprécié...
Pour le créateur du site (mais qu'est-ce qu'un créateur de site ?), c'est un très bon jeu, mais il lui manque quelque chose pour vraiment faire partie des meilleurs...
Holala, je ne comprends rien à tout ça, puis de toute façon, il faut que je retourne à mes devoirs... Hum, c'est quoi un Paladin ?