Burnout
C’est Ridge Racer 1, mais avec du trafic sur la route
Genre : Course / Année de sortie : 2001
Publié il y a 15 jours
Je déterre encore une ancienne gloire passée du jeu de course arcade, car depuis ma découverte de Ridge Racer sur PS1, j’en suis devenu accro. Et c’est comme ça que je suis tombé sur ce petit bijou qu’est le premier Burnout, encore loin de ce que seront Takedown, Revenge ou Paradise, pour citer les épisodes cultes de la franchise. Les bases sont là, c’est certain, mais en cette belle année 2001, on était bien plus proche d’un Ridge Racer que d’un jeu où il faut exploser nos concurrents comme un zinzin… Non, ici, nos adversaires n’ont pas besoin de nous pour s’exploser tout seuls dans le trafic !
ITS RIDGE RACCEEE… Ah bah non !
Cette comparaison avec les premiers Ridge Racer et autres purs jeux d’arcade de l’époque est loin d’être fortuite, tant ce Burnout en reprend tous les codes. Système de Checkpoint avec un timer parfois bien tendu, technique de clochard avec le fameux « 16 circuits différents » alors qu’en vrai on parle surtout de déclinaisons dans tout les sens de seulement 5 tracés, dérapages, une poignée de bagnoles… Bref, s’il n’y avait pas un petit détail en plus, ce serait juste un jeu d’arcade comme les autres. Mais il y a ce petit truc en plus : le trafic omniprésent et un système de crash déjà très fun, qui deviendra l’essence même de la série. Sans oublier la mécanique de boost, liée directement à ces deux idées.
Au début, le jeu nous laisse habilement prendre en main ce nouveau gameplay. Le premier circuit, qui commence sur un autoroute à plusieurs voies, est parfait pour s’acclimater au slalom entre un trafic chargé mais simple à éviter. Vient ensuite une section urbaine avec plusieurs virages et des voitures venant de tous les côtés, qui nous fait comprendre (en même temps que notre premier crash très probable) qu’il va falloir lâcher un peu la pédale, car à pleine balle là-dedans entre deux 19 tonnes, on ne survit pas longtemps. Puis arrive une longue ligne droite où l’on peut rouler à contresens pour gonfler notre boost, histoire de comprendre qu’il se gagne via la prise de risque. Enfin, un virage serré vers la fin nous incite à drifter, mécanique essentielle dans tout bon jeu d’arcade.
Un premier niveau parfait donc, qui pose les bases et montre pourquoi ce Burnout est différent des autres… Et moi, j’ai kiffé direct ! Le trafic lui évite l’étiquette de vulgaire clone de Ridge Racer, tout en ajoutant une dose d’imprévu et de folie. Ça rend les courses rejouables avec toujours un petit sentiment de fraîcheur, puisque le trafic varie… enfin presque, car une bonne partie est en réalité scriptée : certaines voitures n’apparaissent qu’à notre passage, ce qui fait qu’avec de la pratique, on peut apprendre les trajets à privilégier. Mais il faut vraiment try-hard pour s’en rendre compte, et c’est même un bon point pour maîtriser le chaos en contre-la-montre.
L’autre gros point fort lié au trafic, c’est le système de crash. Chaque collision avec un véhicule du trafic (même avec un mur si on y va franco) déclenche une petite cutscene montrant l’incident et notre caisse défoncée. Le plus marrant, c’est ce compteur de dégâts provoqués, totalement inutile dans ce premier opus, mais franchement fun. Et côté gameplay, c’est pertinent : on perd du temps et une grosse partie du boost accumulé. Cerise sur le gâteau, nos accidents peuvent aussi embarquer un ou plusieurs adversaires, qui viennent se crasher comme des boulets si l’IA ne parvient pas à éviter le chaos. L’inverse est vrai aussi : un concurrent peut déclencher un énorme bordel, bloquer toute une voie et nous filer des sueurs froides.
Et putain que c’est cool. Avec le trafic et les crashs, il y a presque un petit côté Mario Kart, surtout que même si les Takedowns n’existent pas encore, j’ai déjà réussi à envoyer valser des adversaires vers une mort certaine. Bref, le trafic n’est pas juste un décor, il est au cœur du gameplay et permet à ce Burnout de se démarquer. C’est frais, c’est fun.
Surtout que le jeu n’hésitera pas à récompenser les joueurs doués prenant tout les risques, via son système de boost qui, une fois rempli, peut être utilisé pour augmenter timidement notre vitesse. Car oui, l’écran a beau trembler en mode « holala c’est trop rapide attention », en vrai, tu augmentes au mieux ta vitesse de 10 kilomètres heure environ… waouh ! Mais les sensations sont sympas, et le seul moyen d’en obtenir, c’est de bien conduire. Frôler une voiture sans la toucher, conduire à contresens, réussir un drift, accomplir un tour entier sans incident, tout ça apporte du boost ! De plus, on retrouve déjà les « Burnout » qui nous gratifient direct de 50 % de notre barre de boost si on arrive à la vider d’un seul coup sans interruption. Tout, dans le game design, nous pousse à toujours prendre plus de risques, quitte à provoquer des incidents de taré (je me rappelle avoir bondi de ma chaise quand, à fond avec mon boost en remontant une autoroute à contresens, je me suis éclaté sur un camion !) !
L’Europe, c’est de la merde, ce n’est pas moi qui le dis, c’est les développeurs !
Avec toutes ces excellentes mécaniques, il est ensuite temps de faire le contenu du jeu, qui consistera en 6 tournois et 4 face-à-face contre un adversaire afin de débloquer un nouveau véhicule. Tout ce contenu est vraiment simple à remplir, on est loin des délires avec la voiture du diable dans Ridge Racer. J’ai réussi tous mes tournois et face-à-face du premier coup, bien que c’était tendu pour certains tournois, car j’avais quasiment grillé tous mes continues.
Ce contenu nous permettra de voir la quasi-intégralité des 16 circuits (seules deux variantes des marathons seront laissées de côté) et de pouvoir apprécier les qualités ET défauts du game design. Alors c’est simple : pour les trois courses se passant aux USA, c’est excellent, par contre côté Europe avec ses deux courses, c’est pas fameux. Bon allez, je peux vous présenter chacune des courses brièvement, il n’y en a pas tant que ça (en sachant que chacune possède une ou deux variantes) :
• Interstate, le circuit débutant sur une autoroute, présenté au début de la critique. Parfaitement varié, entre grosses lignes droites chargées de trafic, une partie ville assez dangereuse, un peu de virages techniques… pour moi un excellent circuit du jeu.
• Hilside Pass, mon préféré. Un circuit rempli de virages vraiment techniques avec beaucoup de véhicules, rendant certains passages très piégeux et tendus à aborder. C’est vraiment là qu’on apprend à bien gérer notre vitesse, ainsi que le drift à certains endroits. Surtout sur la partie « colline », où on dévalera à pleine balle une descente en coupant la route dans l’herbe, trop cool !
• Gridlock USA, le circuit le plus urbain, dans une ville façon New York. Un excellent circuit, beaucoup plus axé sur les grandes routes en ligne droite chargées en trafic, avec quelques virages. Un de mes préférés.
• Harbour Town, un circuit d’Europe que j’ai moins apprécié. Beaucoup de virages techniques faisant penser à du Hilside Pass, mais ici, le trafic est particulièrement frustrant, tant les développeurs ont mis trop de véhicules arrivant à contresens dans des virages procurant aucune visibilité. J’ai en tête ce camion à la sortie d’un tunnel dans un virage, se plaçant étrangement en plein milieu de la route sans raison. Clairement, j’ai un peu ragé sur celui-ci.
• River City, clairement le plus mauvais circuit. Le level design est bon pourtant, mais le circuit met l’accent sur plusieurs intersections avec des voitures traversant notre route de manière impossible à prévoir à cause d’un manque de visibilité, ce qui rend ce circuit horripilant. On sera obligé d’apprendre par cœur pour chaque tour, sur chacune des intersections pièges, le bon timing et comment passer chacune… au point même de freiner brutalement tant c’est abusé parfois.
Clairement, si le jeu n’avait eu que des circuits comme les deux en Europe, j’aurais eu un avis bien moins favorable concernant cet opus. Mais bon, c’est une petite erreur de jeunesse, on va dire.
Et à côté de ça, on a aussi les fameuses courses marathon, durant 12 minutes pour la version Europe, et carrément 18 MINUTES pour la version USA ! Concrètement, on parcourt tous les circuits du secteur qui sont interconnectés. Une chouette idée, car c’est sympa de voir un tout cohérent, de se rendre compte que l’autoroute de Interstate déboule ensuite sur la grande ville… c’est chouette. Bon par contre, bon courage pour ceux qui se font doubler à la toute fin, mouahaha !
Une fois le jeu terminé, on assiste à un époustouflant générique de fin, sooo années 2000, avec la petite musique jacky tuning qui va bien et les membres du staff en photo derrière, posant devant des voitures de sport. Mais pourquoi pas, putain ! Donc finir le contenu du jeu est assez simple, et c’est fun de débloquer le bus et le camion, véhicules aux statistiques médiocres, mais forcément rigolos à conduire dans un jeu où on peut foncer dans le trafic. On débloquera aussi un mode libre, où on pourra jouer au jeu sans trafic justement. Alors je sais que c’est un peu toute la base de ce Burnout de rouler avec le trafic, mais j’ai beaucoup aimé ce mode, tout bêtement car j’ai bien aimé pouvoir faire des drifts et profiter à fond des sensations de conduite sans aucun danger !
Un true 100 % bien hardcore !
Mais bon, ça, se limiter aux tournois et face-à-face, c’est pour les petites bites, j’ai envie de dire. Bah ouais, ceux qui en ont vraiment, ils vont chercher le vrai 100 %, c’est-à-dire battre tous les fucking temps développeur dans le tableau des scores ! Et là, je peux te dire : niveau difficulté, bordel, c’est plus la même ! À commencer par le mode contre-la-montre, où il faudra battre le meilleur temps au tour des développeurs, vraiment difficile à atteindre, surtout sur Harbour Town où le temps est hyper chaud (je sais pas pourquoi spécialement ce circuit, déjà que je l’aime pas putain) !
Alors oui, pourquoi seulement le temps au tour et pas celui de la course comme dans tous les jeux du monde ? Va savoir. Surtout que tu pourras espérer le battre qu’à partir du second tour, en arrivant à fond sur la ligne d’arrivée au début du tour, en plus d’avoir une barre de boost pleine, sinon c’est quasi mort. C’est donc hyper mal branlé comme mode, et clairement, sans émulateur, je l’aurais pas fait à l’époque, tellement ça aurait été relou de se retaper en boucle le premier tour à chaque esseai. Je n’ai jamais triché avec les save states, hein, mais je les ai utilisées pour me placer au début du second tour, afin de pouvoir retenter ma chance sans perdre un temps fou. Comme ça, c’était parfait.
Bref, c’est avec ce mode qu’on va apprendre à réellement bien jouer à Burnout et profiter de ses très bonnes sensations de conduite. Il faudra apprendre à parfaire son drift, vraiment pas évident à maîtriser, ainsi que savoir quand il est préférable de freiner dans des endroits trop dangereux pour un dérapage. On y apprend des petites techniques de filou pour ne pas rentrer involontairement en dérapage durant de gros virages, en tapotant par exemple l’accélérateur plutôt que de le maintenir… testé et approuvé ! Bref, j’ai tout fait avec la Saloon GT, mon véhicule préféré, niveau maniabilité et vitesse de pointe. Comme le veut la tradition, j’ai tout fait en vitesse manuelle, car comme dans Ridge Racer, cela augmente le cap de vitesse max, non négligeable, tant les temps cibles sont vraiment pas évidents !
Bref, j’ai bien kiffé l’expérience, surtout sur les terrifiants circuits marathon comme le USA, avec un tour de 5 minutes… je te raconte pas la pression ! Mais c’était cool, c’était un très bon challenge, sauf sur les circuits en Europe forcément, moins fun, surtout quand tu te manges une voiture que tu ne pouvais pas prévoir sur la fin. Ensuite, il faudra battre les temps tour et circuit en mode course contre l’IA. Les temps cibles sont plus accessibles qu’en contre-la-montre, donc ça devrait être une formalité si fait dans un second temps.
Puis enfin, reste le terrifiant mode survie, qui à lui seul fait de ce Burnout le plus hardcore de la franchise, si déjà les temps cibles du contre-la-montre suffisaient pas. Il s’agira ici de tout simplement faire la course entière sans le moindre incident, sous peine de devoir tout recommencer. Le tout, avec des temps entre les checkpoints fortement diminués, qui vous empêchera de trop abuser d’une conduite safe afin de trivialiser le challenge. Non, vraiment, c’était un des contenus les plus tendus du jeu, clairement. Surtout que, BIEN SÛR, les circuits marathon sont inclus dans le mode survie, BORDEL ! T’imagines un peu : 18 minutes, deux fois car deux variantes du marathon USA, à ne pas faire une seule erreur ? Ouais, c’est méga chaud. Mais à la limite, vu que les temps entre checkpoints sont ici, pour les marathons, bien plus permissifs, et comme à ce stade, on connaît par cœur tous les autres circuits, au final, c’est pas si violent que ça en vérité !
Donc résumé de l’expérience : eh bien c’était vraiment sympa, ce premier Burnout ! Après, il faut bien sûr nuancer : tout n’est pas parfait, et les développeurs ont commis plusieurs erreurs de jeunesse, qui seront corrigées et peaufinées dans les suites. Il y a par exemple les véhicules, où il est impossible de voir les stats, où il est simplement indiqué facile, normal, difficile ou spécial, c’est tout… alors que chacune des voitures a bien des stats différentes pourtant ! Il y a aussi le manque de finitions : on l’a vu parfois avec du trafic crispant impossible à prévoir autrement qu’avec du par cœur, clairement pas ouf… mais il y a aussi la mécanique de boost, un peu bancale (devoir attendre qu’elle se remplisse, son manque de puissance, ou encore son remplissage bloqué tant qu’elle n’est pas vidée une fois enclenchée). Bref, des petits trucs ici et là qui restent à peaufiner, et on le sait, seront grandement améliorés directement avec le second opus.
Mais s’il y a un truc sur lequel je ne peux rien reprocher au jeu, c’est sur la technique, vraiment impressionnante. Le jeu est loin d’être vilain pour de la PS2, et surtout, ça tourne comme un charme à 60 FPS constants, malgré le nombre de véhicules à l’écran et la grande vitesse à laquelle on traverse les routes.
Un premier tour de piste très réussi pour le début de Burnout ! Même si on est encore plus proche d’un Ridge Racer avec supplément trafic dans les courses qu’un vrai Burnout style Revenge ou Takedown qui viendront plus tard, les bases sont déjà là. Un très bon jeu de course d’arcade, qui, s’il n’est pas parfait, est déjà très fun avec ses crashs merveilleusement cons.
7/10

Hummm, Papa British m'a permis d'arrêter
l'étude du Codex de la sagesse ultime
(mais qu'est-ce donc que le Codex ?)
pour jouer à ce très bon jeu, et j'ai
bien apprécié...
Pour le créateur du site (mais qu'est-ce
qu'un créateur de site ?), c'est un très
bon jeu, mais il lui manque quelque
chose pour vraiment faire partie des
meilleurs...
Holala, je ne comprends rien à tout ça,
puis de toute façon, il faut que je
retourne à mes devoirs... Hum, c'est
quoi un Paladin ?